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INFO « 20 MINUTES »L’ancien ministre de la Santé de Polynésie placé en garde à vue en novembre

Polynésie : L’ancien ministre de la Santé Jacques Raynal a été placé en garde à vue en novembre

INFO « 20 MINUTES »Les enquêteurs de la police judiciaire soupçonnent Jacques Raynal d’avoir, quand il était ministre, favorisé son ancienne société, laquelle a remporté plusieurs appels d’offres passés par l’administration
Jacques Raynal a été ministre de la Santé et de la Prévention entre janvier 2017 et mai 2023
Jacques Raynal a été ministre de la Santé et de la Prévention entre janvier 2017 et mai 2023 - Capture d'écran TNTV Tahiti Nui Télévision / Facebook
Thibaut Chevillard

Thibaut Chevillard

L'essentiel

  • Mis en cause dans une affaire de prise illégale d’intérêts et de favoritisme, l’ancien ministre de la Santé de Polynésie française Jacques Raynal a été placé en garde à vue le 10 novembre dernier.
  • Les enquêteurs de l’Ocliff soupçonnent l’élu, qui a été en poste entre 2017 et mai 2023, d’avoir favorisé son ancienne société. Fenua Medex a remporté plusieurs appels d’offres passés par l’administration, pour un montant total de à 2,3 millions d’euros.
  • Deux dirigeants de cette société, que l’ancien ministre a cofondée, ont également été placés en garde à vue. Les trois hommes sont ressortis libres, sans poursuite à ce stade. L’enquête se poursuit.

Mis en cause dans une affaire de prise illégale d’intérêts et de favoritisme, l’ancien ministre de la Santé de Polynésie française Jacques Raynal a été placé en garde à vue le 10 novembre dernier, apprend 20 Minutes de source proche du dossier. Les enquêteurs de l’Ocliff (office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales de la police judiciaire) soupçonnent l’élu, qui a été en poste entre janvier 2017 et mai 2023, d’avoir « continué à donner des conseils aux dirigeants » de la société Fenua Medex, qu’il avait cofondée avant sa nomination, nous indique une source policière. Deux responsables de cette société ont également été interpellés et placés en garde à vue par les policiers. Les trois hommes sont sortis libres, sans poursuite à ce stade.

Les enquêteurs de la police judiciaire soupçonnent aussi Jacques Raynal d’avoir, quand il était ministre, favorisé son ancienne société, laquelle a remporté plusieurs appels d’offres passés par l’administration, comme l’expliquait récemment un article de Tahiti infos. Le montant des contrats signés par Fenua Medex s’élève à 2,3 millions d’euros. Trois perquisitions ont été menées en novembre dernier. L’enquête, diligentée par le parquet national financier, se poursuit.

Une vaste opération européenne

Alors que le 9 décembre marque le 20e anniversaire de la Journée internationale de lutte contre la corruption, « ce dossier illustre parfaitement le travail des services qui se mobilisent au quotidien sur ces affaires complexes », souligne une source proche du dossier.

L’Ocliff, qui fête cette année ses 10 ans d’existence, a chapeauté le mois dernier une vaste opération au niveau européen, à laquelle 13 autres Etats ont souhaité participer. « L’objectif était de frapper fort contre la corruption et de le faire savoir », explique une autre source policière. Certes, les infractions financières ne constituent pas la forme de criminalité la plus visible. « Mais nous voulions montrer que cela ne nous empêche pas de prendre ces affaires au sérieux, quel que soit le profil des personnes mises en cause. »

Résultat de l’opération : en novembre, 49 dossiers de corruption ont été traités en Europe par les services d’enquête, dont celui impliquant Jacques Raynal. 233 suspects ou personnes mises en cause dans ces affaires ont été auditionnés, et 267 perquisitions menées. Par ailleurs, 5,596 millions d’euros ont été saisis.

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