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TransphobieUn tract dépeint les trans comme une « armée de fanatiques »

Nord : Un tract évoque les trans comme « une armée de fanatiques » dont l’idéologie menace l’école

TransphobieCertains habitants de Villeneuve d’Ascq ont reçu dans leur boîte aux lettres un pamphlet de huit pages dénonçant « l’idéologie transgenre à l’école » qui « menace la santé mentale et physique » des jeunes
La « pride parade 2023 » à Nuremberg, en Allemagne (illustration).
La « pride parade 2023 » à Nuremberg, en Allemagne (illustration). - Alexander Pohl/Sipa USA/SIPA / Sipa
Mikaël Libert

Mikaël Libert

L'essentiel

  • Des habitants de Villeneuve d'Ascq ont reçu un tract de l’association « SOS éducation » intitulé « Non à l’idéologie transgenre à l’école ».
  • Le tract, ouvertement transphobe, a été dénoncé par des élus socialistes et l’association HES LGBTI +, et a fait l’objet d’un signalement au parquet de Lille.
  • Selon un élu de Villeneuve d'Ascq, le tract utilise de fausses informations pour inciter à la haine et à la discrimination des personnes transgenres.

En ce début de semaine, certains habitants de Villeneuve d'Ascq, près de Lille, dans le Nord, ont reçu un courrier d’un genre particulier. Distribué directement dans leurs boîtes aux lettres, un tract de huit pages signé de l’association « SOS éducation » au titre évocateur : « Non à l’idéologie transgenre à l’école ». Le pamphlet ouvertement transphobe, que 20 Minutes a pu consulter, a été dénoncé par des élus socialistes et par l’association HES LGBTI +. Il a par ailleurs fait l’objet d’un signalement au parquet de Lille.

« C’est un tissu de fausses informations qui n’a d’autre but que d’inciter à la haine et à la discrimination des personnes transgenre », s’emporte Victor Burette, adjoint au maire de Villeneuve d'Ascq, après avoir été alerté de la distribution de ce tract par l’un de ses administrés. Et, en effet, les propos tenus dans les huit pages du document sont sans ambiguïté.

La dysphorie de genre évoquée comme une maladie

On y parle d’une « armée de fanatiques » qui « milite sans relâche contre la réalité biologique ». On y affirme que la dysphorie de genre se « répand par contagion sociale », menaçant la « santé physique et mentale des jeunes ». On évoque un « lobby LGBT+ » ou des « militants du genre » qui distillent une « propagande » à l’école, « cautionnés par les pouvoirs publics ». On y utilise le champ lexical de la maladie pour parler de la dysphorie de genre…

« Là, ils ciblent les trans, mais le fond est radicalement homophobe », déplore l’élu. Pour lui, même si le postulat de cette diatribe peut sembler gros comme une maison, il craint que « ce militantisme transphobe insidieux » fasse mouche chez certaines personnes. « Le but est de faire peur aux gens en touchant ce qu’ils ont de plus cher, leurs enfants », analyse-t-il, ajoutant qu’il avait signalé ce courrier au parquet de Lille. « Sans aucune source, ce tract invente des effets secondaires aux traitements hormonaux, prétendant agir au nom de l’intérêt des enfants pourtant absolument pas concernés par ces traitements », dénonce pour sa part Sarah Kerrich, première secrétaire du PS du Nord, dans un communiqué cosigné avec l’association HES Nord.

Pour l’association qui a diffusé le tract, la véritable cible, c’est la circulaire « Pour une meilleure prise en compte des questions relatives à l’identité de genre en milieu scolaire », diffusée par l’ancien ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, auprès de l’ensemble des personnels de l’Education nationale. Un texte qui avait été controversé à sa sortie, en septembre 2021, avant d’être finalement validé par le Conseil d’Etat, un an plus tard. Au grand dam de SOS Education, qui appelle à signer sa pétition à l’intention de Gabriel Attal, l’actuel ministre de l’Education nationale, pour « protéger l’intérêt supérieur de notre civilisation ».

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