Disparition de Lina : Fouilles, « opération d’envergure », dérapages… On fait le point après sept jours d’enquête

ENQUETE Les dernières informations après sept jours d’enquête et d’investigations pour retrouver Lina, 15 ans, disparue depuis samedi dans le Bas-Rhin alors qu’elle devait prendre un train pour rejoindre son ami à Strasbourg

G.V. avec AFP
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Disparition de Lina : Où en est l'enquête ? — 20 Minutes
  • Lina, 15 ans, devait se rendre à pied samedi dernier depuis son domicile jusqu’à la gare de Saint-Blaise-la-Roche dans le Bas-Rhin, à près de trois kilomètres de son domicile, afin de rallier Strasbourg et d’y retrouver son petit ami qui, ne la voyant pas arriver, a donné l’alerte.
  • Depuis, la jeune fille n’a donné aucune trace de vie. Qualifiée immédiatement de « disparition inquiétante » par Aline Clérot, la procureure de la République de Saverne, aucune piste n’est écartée. En cette fin de semaine, une « opération coordonnée d’envergure » a été lancée, un certain modèle de voiture ciblé, et des maisons ou des déchetteries inspectées.
  • 20 Minutes fait le point sur une semaine d’enquête alors que les investigations se multiplient.

Voilà sept jours à présent que Lina, 15 ans, n’a plus donné signe de vie. Officiellement aucune piste n’est écartée, même si la nature des recherches menées ces deux derniers jours laisse craindre le pire. La jeune fille, disparue depuis samedi matin alors qu’elle venait de quitter le domicile familial situé au hameau de Champenay (Bas-Rhin) où elle vit avec sa mère, était partie rejoindre son petit ami à Strasbourg. Depuis, plus aucune trace, son téléphone a arrêté de borner le jour de sa disparition à 11h22 et depuis, la tranquille Vallée de la Brûche (Bas-Rhin) est sillonnée d’enquêteurs et de journalistes. 20 Minutes fait le point sur l’enquête.

Que sait-on sur sa disparition ?

L’adolescente a disparu samedi en fin de matinée après avoir quitté son domicile pour se rendre, à pied, à la gare de Saint-Blaise-la-Roche, à moins de trois kilomètres de là. Un trajet qu’elle avait l’habitude de faire. Une disparition, classée immédiatement comme « inquiétante » au vu du profil de la jeune fille par la procureure de la République de Saverne, Aline Clérot. La magistrate avait indiqué cependant lors d’une conférence de presse mardi qu’aucune piste n’était écartée, précisant cependant qu’aucune fugue récente ou ancienne n’avait permis d’accréditer l’hypothèse d’une fugue et qu’il n’y avait eu aucune activité bancaire sur son compte depuis sa disparition. La magistrate a surtout précisé que samedi, entre 11h15 et 11h30, deux témoins avaient vu Lina marchant sur la route en direction de la gare où elle devait prendre un train pour Strasbourg afin d’y rejoindre son petit ami. Ne la voyant pas arriver, celui-ci a alerté la mère de Lina, qui a prévenu les secours vers 14h15. Balise importante pour l’enquête, son téléphone, qui n’a pas été retrouvé, a cessé de borner à 11h22.

Quel est le profil de la jeune fille ?

A en croire les témoignages recueillis sur place, la jeune fille est « quelqu’un de cool, avec toujours le sourire. Elle met l’ambiance », raconte un jeune homme, sans croire aucunement à la thèse de la fugue. « Sans histoire et discrète », « solaire », « bien dans sa peau ». D’autres témoignages vont en ce sens. C’est « une enfant toute mignonne, très calme, très douce, très belle ». Fille unique, elle a un petit ami ; Tao, 19 ans, qui passait du temps chez elle. Lina est entrée cette année en CAP aide à la personne dans un établissement proche de Saint-Blaise-la-Roche, la gare où elle était censée avoir pris le train pour rejoindre Strasbourg. Elle faisait un stage dans une supérette de sa commune. Ses parents sont séparés, sa mère est infirmière.

Comment se sont organisées les recherches ?

Très rapidement, les recherches ont été lancées. L’examen des images de vidéosurveillance dans les rames du train que devait emprunter Lina ainsi qu’à la gare de Strasbourg a montré qu’elle n’était pas montée dans le train. Sur son trajet à pied, aucune trace n’a été retrouvée sur la chaussée ou le bas-côté pouvant évoquer un accident de la route dont l’adolescente aurait été victime, avait expliqué la procureure. Après plusieurs battues citoyennes, encadrées par la gendarmerie du Bas-Rhin, avec l’appui d’équipes cynophiles, d’un hélicoptère avec une caméra thermique, rien n’a permis de découvrir d’indices probants dans cette zone boisée et accidentée située au pied du massif des Vosges. Des points d’eau, deux étangs, ont également été sondés, sans résultat.

Pourquoi tant de dérapages sur les réseaux sociaux ?

Souvent présents devant les médias, la mère de Lina et le petit ami de la jeune fille, Tao, 19 ans, ont très vite été l’objet de nombreux messages calomnieux sur les réseaux sociaux qui ont, pour certains, carrément dérapé. Une telle rumeur numérique qui a obligé la mère de Lina à apporter son soutien au jeune homme et demandé lors d’une prise de parole, rapporte BFMTV, de la « bienveillance » face à celles et ceux qui envoient « des méchancetés sur les réseaux ou des fausses rumeurs ». Une demande d’ailleurs relayée par la procureure ce vendredi qui dans un communiqué appelle « à la retenue et à la civilité de chacun dans l’intérêt de l’enquête. »

Où en est l’enquête en cette fin de semaine ?

Les investigations s’accélèrent. Ce vendredi, une « opération coordonnée d’envergure » est en cours. Cette opération se tient en « plusieurs points de la zone potentielle de disparition de Lina », dans le Bas-Rhin, et « porte sur des informations utiles à l’enquête qu’il convient de vérifier », précise la procureure Aline Clérot. Cette opération est menée par la section de recherches de Strasbourg et le groupement de gendarmerie du Bas-Rhin, a précisé la procureure, sans donner plus de détails. « Après une phase de fouilles de sept jours, il est temps désormais pour les enquêteurs de vérifier tous les éléments qu’ils ont recueillis, que ce soit au niveau numérique ou des témoignages, creuser ou fermer des pistes », a expliqué une source proche de l’enquête à propos de cette opération coordonnée.

Une voiture a ainsi été fouillée à Bellefosse, commune située à sept kilomètres de Saint-Blaise-la-Roche, où Lina a disparu. Des techniciens en combinaison blanche, portant masque et gants, ont passé au peigne fin une voiture bleu marine avant de quitter les lieux. « L’inspection de la voiture à Bellefosse par les techniciens en identification criminelle du groupement de gendarmerie du Bas-Rhin fait partie de ces vérifications mais il y en aura d’autres », a ajouté cette source. Six, plus exactement. les fouilles visent un modèle précis de voiture suite à un témoignage qui aurait été en partie corroboré par des images de vidéosurveillance. Et les recherches et les investigations sur les territoires de communes avoisinantes se multiplient, comme en témoignent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. A Wildersbach, Rothau où des déchetteries sont fouillées, des maisons. Des investigations ont également été menées ce vendredi à Plaine, commune dont fait partie le hameau de Champenay où se trouve la maison familiale de Lina… Mais pour l’heure, on ignore si des éléments ont pu être trouvés.