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REPORTAGE« J’en ai pleuré ce matin »… L’incendie meurtrier secoue Wintzenheim

Incendie dans un gîte en Alsace : « J’en ai pleuré ce matin »…Wintzenheim secoué par le drame qui a fait 11 morts

REPORTAGETôt ce mercredi matin, un terrible incendie s’est déclaré dans un gîte du Haut-Rhin. A l’intérieur, 11 personnes n’ont pu s’échapper et sont décédées. Un véritable drame dans ce petit coin tranquille d’Alsace
Incendie d'un gîte en Alsace : 11 personnes retrouvées mortes
Thibaut Gagnepain

Thibaut Gagnepain

L'essentiel

  • Un terrible incendie s'est déclaré ce mercredi tôt dans un gîte du Haut-Rhin, dans un hameau de la commune de Wintzenheim.
  • Sur les 28 personnes qui dormaient sur place, 17 ont pu se sauver. Onze sont décédées, d'après la vice-procureure de la ville de Colmar.
  • « Je me suis levé vers 6 heures et j’ai entendu des cris comme si quelqu’un égorgeait le cochon », témoigne un habitant.

A La Forge (Haut-Rhin),

Une odeur saisissante. Celle du brûlé. Même une dizaine d’heures après le dramatique incendie qui s’est déclaré tôt ce mercredi matin en Alsace, les émanations peinent à partir. De la fumée s’échappe toujours du gîte de groupe où est survenu le drame. Sur place, les pompiers s’affairent encore, en très grand nombre. Ils ont été rejoints par des techniciens en identification criminelle, dont les blouses blanches rappellent les pires faits divers. Au dessus d’eux et de cette ancienne étable réhabilitée et désormais ravagée, des drones tournent. Aidés au sol par des chiens et leurs maîtres à la recherche, eux aussi, d’éventuels survivants.

Sur les 28 qui logeaient là encore la nuit dernière, dont 26 personnes en situation de handicap mental léger et deux accompagnants, combien ont pu s’échapper ? Le terrible chiffre qui circulait depuis le matin est finalement confirmé en milieu d’après-midi : l’incendie a fait 11 morts. « Tous ceux qui dormaient au rez-de-chaussée ont pu s’échapper, ainsi que 5 sur les 16 qui étaient à l’étage. Tous sont passés par la porte », détaille la vice-procureure de la République de Colmar, Nathalie Kielwasser.

« J’ai vu des flammes de 20 mètres »

Quelques instants plus tôt, Elisabeth Borne l’a précédée devant les micros. La Première ministre, après une brève visite avec les secours, a ensuite exprimé « toute [sa] tristesse et [sa] solidarité ». Un sentiment largement partagé au sein de ce hameau de moins de 200 habitants, « La Forge », sur la commune de Wintzenheim (Haut-Rhin). « J’en ai pleuré ce matin », avoue Samia, une voisine venue comme beaucoup observer de ses yeux ce qu’elle a découvert dans les médias. « Si un incident comme ça était arrivé à Marseille, on se serait juste dit ''c’est con''. Là, on le ressent différemment », complète Pierre, qui n’avait « rien vu ni senti » depuis son village voisin de Walbach.

Christian, lui, était aux premières loges. Il habite la grande maison verte juste à côté du fameux gîte. « C’était une étable dans le temps, ça appartenait à mes parents », témoigne le grand gaillard, qui n’a pu que constater le carnage à son réveil. « Je me suis levé vers 6 heures et j’ai entendu des cris comme si quelqu’un égorgeait le cochon, image-t-il. J’ai ouvert la fenêtre et j’ai vu des flammes de 20 mètres. C’était la panique. Dans ces cas-là, on ne peut rien faire. Je suis juste vite allé ouvrir le portail de l’IME (Institut médico-éducatif) où je travaille à côté pour que les pompiers puissent accéder. Ils ont vite branché les camions d’eau et ont pu intervenir. »

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Le quinquagénaire décrit encore un « feu qui a pris très vite avec le bois sec et le torchis » typique des maisons à colombages. Comment est-il parti ? Des investigations avaient débuté ce mercredi, mais la réponse n’était pas connue. « C’est un travail minutieux qui va prendre du temps », élude un représentant de la section de recherches de la gendarmerie de Strasbourg. La vice-procureure de la République de Colmar est plus prolixe. « L’origine serait vraisemblablement pour le moment un feu qui a couvé, ça ne semble pas d’origine électrique ou lié à un chauffage d’appoint », éclaire-t-elle, sans préciser si des alarmes incendie équipaient le lieu.

La propriétaire du gîte devrait pouvoir le dire, elle qui habite « juste en face » de l’endroit. Elle était entendue ce mercredi, dans le cadre d’une enquête ouverte « pour recherche des causes de la mort ». Autre interrogation qui surgit après le drame : pourquoi autant de résidents avaient été acceptés ? Sa location, refaite à neuf il y a cinq ans, est référencée sur internet pour moins de 20 couchages et 28 personnes y logeaient mardi soir… Issus de « deux groupes différents », d’après Nathalie Kielwasser, l’un d’une association située à Nancy, l’autre venant de Besançon. « Les personnes venaient de tout le Grand-Est. On ne peut pas encore dire qui sont les victimes, on cherche à les identifier », précise encore la magistrate.

« La date va rester marquée »

Logiquement choqués, les survivants ont été mis à l’abri dans un gymnase de Wintzenheim. Les familles y étaient attendues dans la journée et des prélèvements ADN devraient y être effectués afin de permettre l’identification des victimes. Le drame n’a pas fini de marquer cette vallée habituellement tranquille de Munster, où les randonneurs aiment se mettre au vert.

« La date va rester marquée », assure Nathalie, qui habite juste en face du gîte encore fumant. « De mémoire, je n’ai pas souvenir d’un drame aussi terrible en Alsace », ajoute le député de la 2e circonscription du Haut-Rhin Hubert Ott. Dans ce hameau de La Forge, ça remonte à 2006. Un féminicide avait eu lieu juste à côté du gîte.

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