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violences sexuellesLe PDG de Casino visé par une information judiciaire pour viol

Le PDG de Casino Jean-Charles Naouri visé par une information judiciaire pour violences conjugales et viol

violences sexuellesLa plainte avait été déposée en octobre dernier par l’épouse du PDG
Le président-directeur général du groupe français de grande distribution Casino, Jean-Charles Naouri, est photographié à la sortie de la présentation des résultats 2012 du groupe, à Paris, le 21 février 2013.
Le président-directeur général du groupe français de grande distribution Casino, Jean-Charles Naouri, est photographié à la sortie de la présentation des résultats 2012 du groupe, à Paris, le 21 février 2013. - ERIC PIERMONT / AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

En passe de perdre le contrôle de son groupe, le PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, se trouve en outre visé par une information judiciaire pour viol et violences conjugales, sur plainte de son épouse qu’il accuse lui-même de dénonciation calomnieuse.

Le parquet de Nanterre, sollicité par l’AFP, a indiqué ce jeudi avoir ouvert début juin une information judiciaire pour viol et violences conjugales visant Jean-Charles Naouri, 74 ans, après le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile de son épouse. « Le juge d’instruction va instruire pour voir s’il y a des éléments nouveaux », a ajouté le parquet.

Le couple en instance de divorce

La plainte avait été déposée en octobre dernier par l’épouse du PDG, et le couple est en instance de divorce depuis janvier 2022. Une première plainte déposée en février 2022 avait été classée sans suite en août car « l’infraction » n’avait pas été « suffisamment caractérisée ».

Dans sa plainte d’octobre 2022 que l’AFP a pu consulter, elle accuse Jean-Charles Naouri d’avoir commis un viol conjugal lors d’un séjour dans le Sud de la France en juillet 2020. L’épouse, franco-israélienne, explique également avoir fait l’objet de violences psychologiques dont « des insultes, des humiliations, des rabaissements » et décrit également un « isolement » assorti d’un « contrôle économique ».

L’ouverture de cette enquête « est une bonne nouvelle » pour la victime, âgée de 54 ans, a déclaré à l’AFP son avocat, Me Emmanuel Asmar, qui n’a pas souhaité faire plus de commentaires. « [Cette] plainte avec constitution de partie civile entraînant automatiquement l’ouverture d’une information judiciaire, nous l’attendions sereinement depuis fin 2022 », a réagi de son côté l’avocate de M. Naouri, Me Marie-Alix Canu-Bernard, sollicitée par l’AFP. L’épouse de Jean-Charles Naouri « a usé de ce dernier recours qui nous a conduits à lui opposer une plainte pour dénonciation calomnieuse », a-t-elle ajouté.

PDG de Casino depuis 2005

Né le 8 mars 1949 à Bône (désormais Annaba) en Algérie, Jean-Charles Naouri, fils de pied-noir, a été inspecteur des finances, puis directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy, au ministère des Affaires Sociales puis à l’Economie et au Budget, de 1982 à 1986.

Premier actionnaire du distributeur Casino depuis 1992, il en est le PDG depuis 2005. Au fil des années, il fait grossir le groupe à coups d’acquisitions, souvent financées par la dette, avec Franprix, Leader Price, Monoprix, ou encore l’e-commerçant CDiscount. Mais l’image du PDG, longtemps étincelante, est largement ternie par la fin de son règne annoncé à la tête de Casino.

Il est en effet en passe de perdre le contrôle du groupe et son poste avec la reprise prévue par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Son groupe, étranglé par la dette, a été rattrapé par une dégringolade commerciale et boursière, et plusieurs procédures judiciaires.

Un accord de principe

Annoncé le 28 juillet, l’accord de principe de restructuration financière conclu entre le distributeur Casino, ses repreneurs les milliardaires Daniel Kretinsky, Marc Ladreit de Lacharrière et le fonds Attestor, et ses créanciers-clés est « une promesse juridique forte », a jugé Jean-Charles Naouri dans un entretien publié par Le Point mercredi.

« J’ai mis toute mon énergie » pour que Casino dont « la situation financière était compromise il y a deux-trois mois ne soit plus dans cette position. Je suis fier de moi. Ce n’était pas gagné », a-t-il déclaré.

Il estime qu’avec cet accord « les actifs du groupe, les magasins et les équipes ne sont pas touchés ». « J’en suis satisfait et je pense avoir fait mon devoir », a-t-il dit.

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