Saint-Brieuc : L’enquête se poursuit après les homicides d’un couple et leur fillette de trois ans

ENQUÊTE Accusé d’avoir tué par balles sa fille et sa compagne, le père, âgé de 24 ans, a ensuite retourné l’arme contre lui

Jérôme Gicquel
Illustration d'une voiture de la police nationale, ici devant le parlement de Bretagne, à Rennes.
Illustration d'une voiture de la police nationale, ici devant le parlement de Bretagne, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un homme est accusé d’avoir tué sa compagne ainsi que leur fille de 3 ans avec un fusil de chasse ce week-end dans un appartement à Saint-Brieuc.
  • De nationalité tunisienne, l’individu de 24 ans a ensuite retourné l’arme contre lui.
  • A la demande de la jeune femme, âgée de 22 ans, le couple était en instance de séparation depuis un mois.

Trois morts et une femme grièvement blessée. Voilà la scène d’horreur que les policiers ont découverte dimanche après-midi en pénétrant dans un appartement de la cité Waron à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Selon les premiers éléments, un homme de 24 ans aurait tué par balles sa compagne de 22 ans ainsi que leur fille âgée de 3 ans et blessé grièvement la mère de sa compagne. Il se serait ensuite donné la mort en retournant l’arme contre lui. Ce mardi après-midi, le procureur de la République Nicolas Heitz a tenu une conférence pour évoquer l’enquête. 20 Minutes fait le point.

Que s’est-il passé dans cet appartement ?

Ce sont des voisins qui ont donné l’alerte dimanche vers 16 heures après avoir entendu des détonations. Arrivés sur les lieux du drame, les policiers ont d’abord découvert une femme grièvement blessée dans ce logement de deux pièces, situé au 11 de la rue Célestin Bouglé. Dans la pièce principale, ils ont ensuite retrouvé un homme gisant au sol, la boîte crânienne explosée par un tir d’arme à feu et avec un fusil de chasse à proximité. Dans la cuisine, une femme de 22 ans, conjointe de l’individu découvert dans le salon, était également découverte décédée par arme à feu ainsi qu’une fillette de trois ans, mortellement touchée au visage dans sa chambre.

Gravement blessée, la première femme découverte dans l’appartement a été transportée à l’hôpital de Brest. « Son état a nécessité deux opérations chirurgicales et des transfusions sanguines massives », a souligné le procureur de la République, précisant qu’elle avait subi « un traumatisme facial et un traumatisme grave de la jambe droite d’origine balistique. » Elle n’a pour l’heure pas pu être entendue par les enquêteurs. Ces derniers ont toutefois réussi à déterminer que les trois victimes avaient été touchées par des tirs « réalisés à bout touchant. » « Les trois corps présentaient du plomb, en quantité, dans la boîte crânienne », a précisé Nicolas Heitz, ajoutant que « des investigations techniques complémentaires sont en cours pour déterminer les distances exactes de tir et s’assurer que l’individu de sexe masculin en soit bien l’auteur. »

Qui est l’auteur présumé des tirs mortels ?

Il s’agit d’un homme de 24 ans, né en Tunisie et qui était présent sur le territoire national depuis le début de l’année 2020. Selon le procureur de la République, il était en situation régulière, « bénéficiant d’une carte de résident valable jusqu’en 2031. » Il avait rencontré sa compagne, avec qui il avait eu une fille, en août 2016 sur les réseaux sociaux alors que la jeune femme était encore mineure, puis le couple s’était marié en 2019 en Tunisie avant de s’installer en France. Au moment du drame, le père de famille travaillait au conseil départemental des Côtes-d’Armor comme apprenti électricien tandis que sa compagne ne travaillait pas actuellement. Détenteur du permis de chasse, le jeune homme était inconnu des services de police et de la justice et son casier judiciaire vierge.

Où en est l’enquête ?

Après ce drame, les enquêteurs peinent encore à rassembler toutes les pièces du puzzle. En cela, le témoignage de la mère de la compagne, « s’il est possible, sera évidemment déterminant », a souligné Nicolas Heitz lors du point presse. Ce dernier a toutefois indiqué que le couple était en instance de séparation depuis la mi-décembre à la demande de la jeune femme qui « était, depuis peu, revenue vivre avec son enfant chez ses parents. » « Ils étaient en train de déménager, a poursuivi le procureur. Les investigations tendant à démontrer qu’il résidait d’ailleurs tout seul dans un nouveau logement. » Aucune demande de divorce n’avait toutefois été formulée.