Cybersécurité : Un réseau de fraude informatique ayant fait 4.000 victimes démantelé

enquête Six personnes ont été mises en examen, suspectées de faire partie d’un réseau de fraude à la « fausse réparation informatique » ayant fait plusieurs milliers de victimes, pour un préjudice estimé à 1,2 million d’euros

Thibaut Chevillard
Six suspects ont été mis en examen le 24 novembre dernier (illustration)
Six suspects ont été mis en examen le 24 novembre dernier (illustration) — ISSOUF SANOGO
  • Les autorités ont démantelé un réseau de fraude à la « fausse réparation informatique » ayant fait plusieurs milliers de victimes, pour un préjudice estimé à 1,2 million d’euros.
  • Six suspects ont été mis en examen le 24 novembre pour « escroquerie, tentative d’escroquerie en bande organisée, association de malfaiteurs, infractions liées au STAD (système de traitement automatisé des données) et blanchiment d’escroquerie en bande organisée ».

Mi-hackers, mi-escrocs. Six personnes, ​​suspectées de faire partie d’un réseau de fraude à la « fausse réparation informatique », ont été mises en examen le 22 novembre à Paris, apprend 20 Minutes de sources concordantes. Les enquêteurs de la police judiciaire de Montpellier et de Nancy, saisis par la section cyber du parquet de Paris, ont recensé plusieurs milliers de victimes. Le préjudice est estimé à environ 1,2 million d’euros.

L’affaire commence en octobre 2020. Plusieurs internautes signalent avoir été victimes d’une même escroquerie sur la plateforme cybermalveillance.gouv.fr. « Elles expliquent que leur ordinateur est bloqué après avoir reçu un mail frauduleux. Une pop-up apparaît, leur indiquant que pour le débloquer, il faut appeler une société basée à Montpellier, soi-disant agréée par Microsoft », raconte à 20 Minutes la cheffe de la Division de lutte contre la criminalité financière de la Direction territoriale de la Police judiciaire (DTPJ) de Montpellier, Caroline Belda.

1.800 euros

Les victimes composent le numéro de téléphone mentionné et tombent sur un technicien, se trouvant à l’étranger, qui prend le contrôle de leur machine à distance. Comme par magie, il parvient à la réparer. Quelques jours plus tard, elles reçoivent une facture à régler, dont le montant va de quelques centaines à 1.800 euros. Les enquêteurs de la PJ de Montpellier identifient 884 victimes et recueillent environ 500 plaintes. Le gérant de cette société, créée en juin 2020, est rapidement interpellé. Il est mis en examen le 22 octobre 2020 et placé sous contrôle judiciaire.

Dans le même temps, la section cyber du parquet saisit la PJ de Nancy, pour des faits de même nature. Cette fois, la société que les victimes doivent contacter est située à Saint-Dié-des-Vosges (Vosges). 148 victimes sont dénombrées. Une information judiciaire est ouverte le 16 juillet 2021. Les modes opératoires de ces deux affaires étant identiques, les magistrats suspectent les malfaiteurs de faire partie d’une seule et même équipe. En septembre 2022, ils décident de joindre les deux dossiers. En tout, 4.000 victimes sont recensées, et le préjudice total estimé à 1,2 million d’euros.

6 suspects mis en examen

Après plusieurs mois d’investigations, sept personnes, âgées d’une quarantaine d’années, sont interpellées le 22 novembre dernier à Perpignan (Pyrénées-Orientales), au Puy-en-Velay (Haute-Loire), à Istres et Martigues (Bouches-du-Rhône) et en région parisienne. Six d’entre elles sont mises en examen pour « escroquerie, tentative d’escroquerie en bande organisée, association de malfaiteurs, infractions liées au STAD (système de traitement automatisé des données) et blanchiment d’escroquerie en bande organisée », nous indique une source judiciaire. Trois ont été placées en détention provisoire, et trois autres sous contrôle judiciaire.