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PlainteDes journalistes agressés en pleine nuit par des éleveurs anti-loup

Doubs : Des journalistes agressés par des éleveurs anti-loup en plein reportage de nuit

PlainteRoute bloquée avec du fumier, menaces, coups dans une caméra… Une équipe de télévision de France 3 Bourgogne-Franche-Comté a été prise à partie par des éleveurs anti-loup. La chaîne a déposé plainte
Une tractopelle est venue déverser du fumier pour bloquer le chemin. Puis les journalistes ont subi des menaces.
Une tractopelle est venue déverser du fumier pour bloquer le chemin. Puis les journalistes ont subi des menaces. - Capture d'écran / France 3 Bourgogne-Franche-Comté
Thibaut Gagnepain

T.G. avec AFP

L'essentiel

  • Un reportage consacré à un tir autorisé sur le loup a mal tourné pour une équipe de journalistes de France 3 Bourgogne-Franche-Comté.
  • Ils ont été pris à partie par des éleveurs anti-loup.
  • La chaîne a porté plainte.

Une tractopelle qui déverse du fumier sur la seule route possible du retour puis un homme qui vient apostropher un journaliste. « Filme pas toi. Va te faire foutre. ! Vous faites chier, fais gaffe à ta gueule… », lance-t-il avec virulence avant d’être calmé.

Les images publiées par France 3 Bourgogne-Franche-Comté ne laissent guère de doute. Une équipe de la chaîne a été a été agressée mercredi soir en plein reportage consacré à un tir autorisé sur le loup, au tremplin de Chaux-Neuve (Doubs). La chaîne a déposé plainte jeudi. « [Elle] a été déposée pour dégradation de matériel », a indiqué Isabelle Mounier, la rédactrice en chef de France 3 Franche-Comté.

Mercredi soir, deux journalistes de cette rédaction suivaient donc une équipe de militants écologistes qui venaient de saboter une opération de « tir de défense » autorisée par la préfecture du Doubs dans le secteur de Chaux-Neuve, lorsqu’ils ont été pris à partie par « une trentaine d’éleveurs des environs », selon France 3.



La tractopelle leur a bouché le chemin avant donc que des hommes en colère s’en prennent à un militant et menace les journalistes, en visant leur matériel. L’intervention des gendarmes a finalement calmé les choses.

Le journaliste reporter d’images, qui tenait la caméra, s’est vu prescrire dix jours d’ITT, a précisé Isabelle Mounier. « On comprend que les éleveurs soient à cran face aux attaques [de loups] mais on ne peut pas laisser passer cela, on fait notre travail et on n’a pas à être agressé », a indiqué la rédactrice en chef.

« Il était difficile de savoir si c’était des journalistes en pleine nuit, les éleveurs ont surtout vu des gens en train d’entraver un arrêté préfectoral », explique Florent Dornier, président de la FDSEA du Doubs, qui qualifie l’incident de « regrettable », et dément « une volonté de s’en prendre à la presse ».

« La coexistence doit s’organiser »

Depuis le début du mois d’août, une vingtaine d’attaques de bovins par le canidé ont été recensées dans le département, selon un décompte des médias locaux. Le mois dernier, une louve a été abattue dans le cadre d’un tir prévu par la loi.

Attendu samedi dans le Doubs, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a estimé jeudi dans le quotidien régional L’Est Républicain que « la coexistence doit s’organiser » entre l’élevage et le loup.

En France, le loup gris, revenu de lui-même depuis l’Italie, connaît une dynamique démographique favorable depuis dix ans. L’Office français de la biodiversité (OFB) estime sa population entre 826 et 1.016 individus.

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