Rennes : Le policier qui avait tué une jeune femme lors d’un contrôle ne sera pas poursuivi

POLICE L’enquête ouverte par l’IGPN après la mort d’une jeune femme lors d’une opération antidrogue a été classée sans suite

Jérôme Gicquel
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L'intervention de police a eu lieu dans la nuit du 6 au 7 septembre dans le secteur de la Route de Lorient à Rennes.
L'intervention de police a eu lieu dans la nuit du 6 au 7 septembre dans le secteur de la Route de Lorient à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • L’enquête ouverte à l’encontre d’un policier qui avait tué une jeune femme lors d’une opération antidrogue début septembre à Rennes a été classée sans suite.
  • Le rapport de l’IGPN a conclu que l’intégrité du policier à l’origine du tir mortel avait été menacée.
  • Une information judiciaire a par ailleurs été ouverte à l’encontre du conducteur pour tentative de meurtre et homicide involontaire.

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a rendu les conclusions de son rapport. Un mois après la mort par balle d’une jeune femme de 22 ans lors d’une opération antidrogue à Rennes, la police des polices a blanchi l’agent de la BRI de Nantes à l’origine du tir mortel. « Les investigations diligentées ont conduit au classement sans suite par le parquet de la procédure pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner », a indiqué Philippe Astruc, procureur de la République de Rennes.

Le drame s’était déroulé dans la nuit du 6 au 7 septembre sur la bretelle de sortie de la rocade menant à la route de Lorient. Voulant intercepter un véhicule dans lequel ils soupçonnaient la présence de stupéfiants, les policiers avaient dressé un barrage. Mais le conducteur avait refusé d’obtempérer et tenté de forcer le passage, fonçant sur l’un des policiers. Ce dernier avait répliqué en tirant en direction du véhicule. La balle avait alors ricoché, touchant mortellement la passagère.

Le conducteur poursuivi pour homicide involontaire

Selon le parquet, l’enquête de l’IGPN a conclu que l’intégrité physique du policier à l’origine du tir avait été « menacée par le véhicule Peugeot 208 lancé dans sa direction » et que son tir paraissait donc « pouvoir s’inscrire dans le cadre légal ». « Ces conclusions rejoignent celles tirées de la remise en situation effectuée par le procureur de la République dès après les faits », a ajouté Philippe Astruc.

Dans cette affaire, une information judiciaire a par ailleurs été ouverte à l’encontre du conducteur de la voiture, un homme originaire de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) déjà connu de la justice. Il est poursuivi pour « tentative de meurtre sur une personne dépositaire de l’autorité publique », « homicide involontaire aggravé » et « refus d’obtempérer à une sommation de s’arrêter exposant directement autrui à un risque de mort ou d’infirmité ».

La famille de la victime avait porté plainte pour homicide involontaire à son encontre. « Elle a été reçue par le procureur de la République de Rennes et informée, ainsi que son conseil, de l’orientation de ces deux procédures », conclut le parquet.