Nord : Une filière irako-kurde de passeurs de migrants vers le Royaume-Uni démantelée

ENQUÊTE Sept personnes ont été interpellées et une grosse quantité de matériel nautique a été saisie lors d’une opération de police de lutte contre l’immigration illégale dans le nord de la France

20 Minutes avec AFP
Des migrants rescapés après leur tentative de traversée de la Manche (illustration).
Des migrants rescapés après leur tentative de traversée de la Manche (illustration). — Gareth Fuller/AP/SIPA

Lundi, une importante filière irako-kurde de passeurs de migrants vers la Grande-Bretagne a été démantelée. L’opération, qui s’est déroulée dans le Nord, a conduit à la plus grosse saisie de matériels nautiques jamais réalisée en France, a annoncé, jeudi, le patron de l’Ocriest.

Au cours de cette opération, les enquêteurs ont découvert, dans la banlieue nord de Lille, « une vraie usine à fourniture de matériels nautiques », a expliqué à Xavier Delrieu, chef de l’Ocriest, l’office central spécialisé dans la lutte contre l’immigration irrégulière. Il y avait « 13 bateaux pouvant transporter 50 migrants chacun, 14 moteurs de bateaux, 700 gilets de sauvetage, une centaine de gonfleurs, 700 litres de carburant ».

Plus de six millions d’euros encaissés depuis cet été

Sept personnes ont été interpellées, quatre hommes et trois femmes. Six sont déférées jeudi devant la justice, une femme ayant été remise en liberté. Trois hommes sont irako-kurdes, les autres, un homme et deux femmes, sont français.

Les enquêteurs ont établi que depuis l’été, les malfaiteurs avaient réalisé 80 traversées dont 50 réussies. Ils empochaient « 80.000 euros par traversée ». L’enquête a débuté en janvier sur la base d’un renseignement néerlandais parvenu à l’Uro, l’unité de renseignement opérationnel franco-britannique, mise en place pour lutter contre ces filières de passeurs en coordination avec Europol et plusieurs pays (Belgique, Pays-Bas, Allemagne).



Il s’agissait d’un contrôle à la frontière entre l’Allemagne et les Pays-Bas de jeunes gens de nationalité française, qui acheminaient des bateaux. Ces « small boats » provenaient d’Allemagne, transitaient par les Pays-Bas pour arriver ensuite sur la Côte d’Opale, sur le littoral nord-ouest de la France.

Avec la Brigade mobile de recherche (BRM) de Coquelles (Pas-de-Calais), les enquêteurs sont ensuite parvenus à l’entrepôt implanté près de Lille et à l’opération déclenchée lundi à la faveur d’un nouvel arrivage de bateaux en provenance d’Allemagne.