Grenoble : Ce que l’on sait du décès du jeune homme abattu par un policier

ENQUETE Alors que la garde à vue du fonctionnaire de police auteur du coup de feu mortel a été levée dans la nuit de jeudi à vendredi, « 20 Minutes » fait le point sur l’enquête

Jérémy Laugier
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Photo d'illustration d'un véhicule de police devant la préfecture de l'Isère, à Grenoble.
Photo d'illustration d'un véhicule de police devant la préfecture de l'Isère, à Grenoble. — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Vers 18h15 jeudi, un jeune homme de 24 ans a été abattu par un policier de la brigade anticriminalité (BAC), dans le centre-ville de Grenoble, alors qu’il conduisait son scooter en compagnie d’un homme armé.
  • Deux enquêtes ont immédiatement été ouvertes par le parquet de Grenoble et ont été confiées à la police judiciaire et à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).
  • « 20 Minutes » fait le point ce vendredi sur les derniers éléments de l’enquête, alors que la garde à vue du policier auteur du coup de feu mortel a été levée la nuit dernière.

Au lendemain de la mort d’un jeune homme de 24 ans, abattu vers 18 heures par un policier de la brigade anticriminalité (BAC), en plein centre-ville de Grenoble, 20 Minutes fait le point ce vendredi sur l’avancée des deux enquêtes de la police judiciaire et de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Que s’est-il exactement passé jeudi en plein Grenoble ?

Les services de police sont intervenus, jeudi 7 juillet en fin d’après-midi, dans le quartier Hoche de Grenoble, car le passager d’un scooter y aurait été aperçu armé. Durant leur patrouille à pied, deux policiers ont croisé les deux suspects à scooter vers 18h15. Selon les premiers éléments de l’enquête, « l’un des occupants du scooter aurait mis en joue les fonctionnaires de police avec une arme longue », révèle le parquet de Grenoble. « L’un des policiers aurait alors sorti son arme de service et aurait tiré en direction des occupants du scooter, qui finissait sa course quelques mètres plus loin », poursuit le procureur adjoint Boris Duffau.

Si l’un des deux individus est parvenu à prendre la fuite, le second, âgé de 24 ans, et connu des services de police, a été touché par le tir du policier, et est décédé sur place malgré les soins prodigués par les secours. « Une arme de type kalashnikov chargée a été retrouvée sur les lieux », précise le parquet de Grenoble, qui a immédiatement décidé d’ouvrir deux enquêtes. A savoir, une sur les faits de « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique », confiée au service de police judiciaire de Grenoble, et une seconde confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) sur les faits de « coups mortels ».




Comment a évolué l’enquête depuis jeudi soir ?

Jeudi soir, le policier de la brigade anticriminalité (BAC) qui a fait usage de son arme, et a donc adressé le coup de feu mortel, a été placé en garde à vue. Il a été entendu dans la soirée par des enquêteurs de l’IGPN. On apprend ce vendredi après-midi, auprès du parquet de Grenoble, que la garde à vue de ce fonctionnaire de police a été levée par le parquet la nuit dernière, à l’issue de son audition. « Celui-ci a indiqué avoir fait usage de son arme en direction des deux utilisateurs du scooter, dont l’un le pointait avec un fusil de type kalachnikov », indique Boris Duffau. A noter que d’autres témoins ont été entendus, dont deux des collègues de ce policier qui ont « confirmé la présence d’une arme longue » transportée par les utilisateurs du scooter. L'AFP précise ce vendredi que les parents de la victime vont porter plainte contre le policier l'ayant tué.

Que sait-on des deux utilisateurs du scooter ?

L’autopsie du conducteur du scooter, âgé de 24 ans et décédé jeudi en plein Grenoble, a été réalisée ce vendredi matin. Elle a mis en évidence « une seule blessure mortelle par arme à feu et pas d’autres lésions traumatiques », confie le parquet de Grenoble. Outre le fusil d’assaut, un gilet pare-balles a été retrouvé sur place. Boris Duffau confirme qu’aucune interpellation n’a jusque-là eu lieu, ce vendredi en fin d’après-midi. Le passager du scooter, qui tenait le fusil d’assaut durant les faits, est donc toujours en fuite. « La piste terroriste est écartée », assure enfin le parquet. Les deux enquêtes de la police judiciaire et de l’IGPN se poursuivent parallèlement. Si « aucun lien n’est établi avec les événements du quartier Hoche », le parquet de Grenoble mentionne dans le même communiqué l’ouverture d’une autre enquête, confiée à la police judiciaire, concernant les tirs survenus, jeudi vers 23h30, dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble. Ces faits ont entraîné la blessure à la jambe d’un homme de 23 ans.