Un réseau de passeur de migrants démantelé à Toulouse, Bordeaux et Marseille

ENQUETE Quize personnes ont été interpellées à Toulouse, Bordeaux et Marseille et huit mises en examen. Elles sont soupçonnées d'avoir opéré plus d'une quizaine de convois permettant à des dizaines de migrants turcs de venir s'installer en France avec de faux papiers

20 Minutes avec AFP
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Un policier de la PAF a mis fin à ses jours (illustration).
Un policier de la PAF a mis fin à ses jours (illustration). — F.Scheiber / 20 Minutes

Ils faisaient payer jusqu’à 10.000 euros le passage. Huit personnes, membres d’un réseau bulgaro-turc de passeurs fournissant de faux papiers à des migrants clandestins en France, ont été mises en examen, a indiqué vendredi le parquet de Toulouse.

« Une filière d’immigration clandestine qui permettait l’acheminement illégal en France, via la Serbie, de ressortissants turcs en situation irrégulière », écrit le procureur de la République Samuel Vuelta-Simon dans un communiqué. Une fois sur le sol français, de faux papiers bulgares étaient fournis à ces migrants afin de leur permettre d’y séjourner et d’y travailler dans des « entreprises du BTP », la Bulgarie étant membre de l’UE, apprend-on de même source.

Des dizaines de migrants turcs convoyés

L’enquête, lancée en 2021 au vu des « agissements d’un ressortissant bulgare, domicilié à Sofia, qui s’appuyait sur de nombreux rabatteurs pour démarcher des ressortissants turcs en situation irrégulière en France, prêts à payer une somme de 1.000 € pour obtenir un lot de faux documents qui leur permette de vivre et de travailler sur place. D’autres familles étaient prêtes à débourser jusqu’à 10.000 € pour faire venir un proche depuis la Turquie ». Elle a débouché sur l’ouverture d’une information judiciaire en octobre de la même année. Les enquêteurs ont repéré « plus d’une quinzaine de convois » entre novembre 2021 et février 2022, « permettant à des dizaines de migrants turcs ayant déboursé environ 10.000 euros » de venir s’installer en France.

« Des acomptes étaient toujours demandés et payés par mandats cash directement envoyés en Bulgarie, le solde étant systématiquement réglé en numéraire à la livraison des faux ou à l’arrivée des migrants sur le sol français, notamment à Toulouse et Marignane », poursuit Samuel Vuelta-Simon dans un communiqué.

Sur les 15 personnes qui avaient été placées en garde à vue de Toulouse à Marseille, en passant par Bordeaux, huit ont été mises en examen pour aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d’étrangers en France en bande organisée, faux et usages de faux documents administratifs commis de manière usuelle. Six d’entre elles, âgées de 19 à 50 ans, ont été placées en détention provisoire et deux autres remises en liberté sous contrôle judiciaire.