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JUGEMENTPrison avec sursis pour avoir rendu virale la vidéo d’un accident mortel

Lyon : Deux hommes condamnés pour avoir filmé et publié une vidéo d’une ado fauchée par un bus

JUGEMENTDeux frères ont été condamnés à de la prison avec sursis pour avoir contribué à diffuser sur les réseaux sociaux l’accident qui a coûté la vie à une adolescente fauchée par un bus, en 2019
Par manque de visibilité, un bus avait percuté et écrasé une adolescente près de l'Hôtel de Ville de Lyon
Par manque de visibilité, un bus avait percuté et écrasé une adolescente près de l'Hôtel de Ville de Lyon - Adil Benayache/SIPA / SIPA
J. Le. avec AFP

J. Le. avec AFP

«Se sont-ils mis à ma place une seule seconde ? » A la barre du tribunal judiciaire de Lyon, ce mardi, une mère interpelle deux frères qui ont contribué à diffuser sur les réseaux sociaux une vidéo de la mort accidentelle de sa fille, devenue virale.

Le 16 janvier 2019, en plein centre de Lyon, un bus percute puis écrase cette lycéenne de 15 ans. Les images de la vidéoprotection de la ville enregistrent le drame. Une semaine plus tard, la scène se retrouve sur WhatsApp et d’autres réseaux sociaux.

Ils reconnaissent « avoir fait les cons »

L’enquête établira une double responsabilité. Celle d’un agent municipal de la direction de la supervision globale (DSG), l’ayant filmé après coup, avant de la transmettre à sa femme. Et celle de son frère qui, lui, la diffusera à cinq autres personnes, point de départ de sa diffusion virale. L’agent, licencié après sa faute, a été condamné mardi à 10 mois avec sursis, son frère à six mois.

Les deux hommes, âgés de 40 et 42 ans, assument avoir « fait les cons ». « Je m’excuse sincèrement, du fond du cœur », assure, en se tournant vers la mère de la victime, l’ancien agent municipal. « J’ai conscience de ce que j’ai fait, j’en ai pleuré, j’ai des enfants, dit-il, mais le but n’était pas que ça se retrouve sur Internet. » Non, l’objectif visé « c’était de dire à ma femme et à mon frère de faire attention ».

La viralité morbide mise en question

Le frère de l’agent municipal relaiera ces images auprès de cinq personnes sur WhatsApp. Mais il « y a eu une fuite […] qui a fait boule de neige. Et puis voilà, un tel, un tel… On n’est pas sur les réseaux sociaux, nous… »

« J’ai vu mon unique enfant se faire tuer, pratiquement sous mes yeux », résume la mère de la victime. Le tribunal a ordonné une expertise médico-légale pour identifier son préjudice, lui octroyant 8.000 euros d’indemnités provisionnelles.

« Vous avez à juger la violence de cette société où se transmet instantanément et sans filtre à 200.000 personnes cette image impensable », a déclaré l’avocat de la mère, Me Jean Sannier. Pour lui, « la viralité de cette vidéo nous ramène à la barbarie de notre civilisation ». La procureure, Marie-Charlotte Fiorio, avait requis 5 et 4 mois avec sursis.

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