Gard : Un ex-légionnaire condamné à la perpétuité pour le meurtre d’un garçonnet

PROCES L’ancien militaire a admis les faits à la barre après avoir tenté d’accuser sa compagne au cours de l’enquête

20 Minutes avec AFP
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L'homme est passé aux aveux au tribunal. (illustration)
L'homme est passé aux aveux au tribunal. (illustration) — Shutterstock/SIPA

« Je suis coupable, je mérite la peine qui me sera donnée. » Jugé depuis mercredi par la cour d’assises du Gard pour le meurtre d’un enfant de trois ans, Martin Barison, ancien légionnaire de 30 ans, passera donc sa vie en prison. Devant le tribunal, il a reconnu avoir frappé d’une centaine de coups de poing et de pieds le petit Ethan, l’un des deux fils de celle qui était sa compagne depuis sept mois et qui lui avait confié la garde de ses enfants pendant qu’elle sortait avec des amies.

Pendant l’enquête, Martin Barison a présenté plusieurs versions des faits et accusé sa « petite amie » d’être responsable de la mort de son fils. Elle effectuera une année de détention provisoire avant d’être totalement innocentée par la justice. Devant la cour d’assises, il a fini par avouer, expliquant avoir voulu se « venger » de sa compagne, objet d’une jalousie intense.

« Je savais que c’était son préféré »

« J’avais envie de la blesser, elle, et malheureusement Ethan était entre nous ». « Ethan regardait la télévision. J’ai explosé, je l’ai tapé, j’ai donné des coups sur le ventre, je l’ai jeté par terre, il a tapé la tête plusieurs fois. Je savais que c’était son (fils) préféré. Il a eu mal, il a crié, je n’ai rien entendu, j’étais hors de moi », a-t-il expliqué. Le petit garçon avait été retrouvé mort dans son lit le lendemain matin, visiblement victime de violences multiples.

Jeudi, l’avocat général, Willy Lubin, avait réclamé une peine de 30 ans de réclusion criminelle, assortie de 20 ans de sûreté, envers l’ancien militaire. « Comme vous, je suis choqué de ce que cet enfant de trois ans a souffert ce jour-là. Comme vous, je suis choqué qu’un voisin entende ses cris pendant quarante minutes et n’intervienne pas. Comme vous, je suis choqué qu’un enfant puisse mourir en silence », a dit le représentant du ministère public.

« Toutes les régions corporelles de cet enfant étaient concernées par les violences extrêmes. Ce gamin a agonisé, car les lésions individuelles ne pouvaient pas entraîner la mort, c’est l’addition des traumatismes qui sont responsables du décès », a témoigné dans un silence de cathédrale le patron de l’unité de médecine légale du CHU de Nîmes, le Dr Mounir Benslima. La condamnation a perpétuité a été assortie d’une peine de sûreté de 18 ans.