Tirs mortels de policiers à Paris : La famille de la passagère tuée va déposer deux plaintes

ENQUETE L’une des plaintes vise le conducteur, dont le refus d’obtempérer a entraîné les tirs de la police

X.R.
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Illustration d'une voiture de police dans le centre-ville de Marseille.
Illustration d'une voiture de police dans le centre-ville de Marseille. — Alexandre Vella / 20 Minutes

L’enquête sur la mort d’une jeune femme à Paris, tuée par la police d’une balle dans la tête samedi, va s’enrichir d’un nouveau volet. La famille de la victime, qui était passagère d’un véhicule ayant refusé de se soumettre à un contrôle de police, va déposer deux plaintes, selon RTL. La première vise le conducteur, auteur du refus d’obtempérer et dont les jours ne sont plus en danger, la seconde contre X. « Elle ne le connaissait pas, ils se sont rencontrés en boîte de nuit », déplore l’avocate de la famille, Me Sylvie Noachovitch.

Les policiers sortis de garde à vue

Deux enquêtes sont déjà ouvertes dans cette affaire. La première vise le conducteur, sans permis, placé en garde à vue pour « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique » et « refus d’obtempérer aggravé par la mise en danger d’autrui ». Elle est confiée à la police judiciaire. La seconde concerne les trois policiers qui ont tiré, deux hommes de 23 et 32 ans et une femme de 31 ans. Ils sont sortis mardi de garde à vue sans poursuites judiciaires à ce stade, après 48 heures d’audition à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

L’IGPN devait lancer mardi un appel à témoins. L’information judiciaire devra notamment déterminer si les policiers ont utilisé leur arme conformément au code de la sécurité intérieure. Une version contredite par Inès, passagère sur le siège arrière, qui a confié sur France Info sa « colère ». Elle estime que les policiers « n’ont pas su garder la tête froide », alors que le conducteur « n’aurait pas pu aller bien loin » en raison des bouchons. L’affaire agite aussi la scène politique à l’approche des élections législatives, une partie de l’opposition déplorant que « la police tue » pour un refus d’obtempérer.