Dordogne : Des gendarmes soupçonnés de fraude aux frais de déménagement

ENQUETE Le préjudice s’élèverait à « quelques milliers d’euros » selon la procureure de la République de Périgueux

C.C. avec AFP
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Un véhicule de la gendarmerie nationale. (illustration)
Un véhicule de la gendarmerie nationale. (illustration) — DENIS CHARLET / AFP

C’est une affaire bien embarrassante pour la gendarmerie nationale. « Une dizaine » de gendarmes de Dordogne sont visés par une enquête pour « escroquerie aggravée », soupçonnés d’avoir exagéré leurs factures de déménagement au moment d’intégrer leur nouvelle caserne à Thiviers au printemps 2021, a indiqué ce mardi le parquet de Périgueux. Le préjudice pour la gendarmerie est estimé à « quelques centaines d’euros » par gendarme mis en cause, soit un total de « quelques milliers d’euros », a précisé la procureure de la République Solène Belaouar.

Ces gendarmes, tous sous-officiers, « jeunes, ou plus âgés », sont soupçonnés d’avoir « recouru à ce mode opératoire illégal » à l’occasion du déménagement en mai 2021 des brigades de Thiviers et de La Coquille vers une nouvelle caserne à Thiviers, inaugurée en novembre dernier par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Le parquet de Périgueux a ouvert une enquête après avoir reçu un signalement de la gendarmerie en février dernier.

Plusieurs procédures en cours

Des gendarmes d’une autre unité du groupement de Dordogne ont dénoncé auprès de leur hiérarchie qu’un déménageur leur avait proposé « une pratique illégale pour gonfler les frais de déménagement » de leur logement, explique la gendarmerie. Au fil des investigations, les enquêteurs ont découvert que des gendarmes de Thiviers avaient eu recours à un tel procédé, même si, selon le parquet « tous n’ont pas eu le même degré d’implication ». « L’enquête permettra de déterminer les responsabilités de chacun et qui a eu l’initiative de ce mode opératoire », souligne la procureure.

Entendus en audition libre, les gendarmes ont reconnu pour certains les faits, d’autres les ont niés, selon la gendarmerie. La procureure de la République doit désormais statuer sur les suites à donner à la procédure, qui peuvent aller jusqu’aux poursuites devant le tribunal correctionnel. Parallèlement à ce volet pénal, d’autres procédures sont en cours. Sur le plan disciplinaire, le procureur général de la cour d’appel de Bordeaux, Pierre-Yves Couilleau, doit statuer sur les suspensions ou retraits éventuels des habilitations OPJ (officier de police judiciaire) des mis en cause. La gendarmerie mène par ailleurs une enquête administrative en vue de possibles sanctions et mutations d’offices.