« Cold cases » : Quels sont les sept dossiers déjà sélectionnés par le nouveau pôle spécialisé ?

ENQUETE Sur une centaine de dossiers en cours d'analyse au nouveau pôle du tribunal de Nanterre dédié aux crimes en série et affaires non élucidées, sept ont déjà été confiés à une juge d'instruction

Thibaut Chevillard
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Le but de ce pôle est de pallier
Le but de ce pôle est de pallier — Thibaut Chevillard
  • Sept dossiers ont déjà été confiés à un juge d’instruction sur la centaine en cours d’analyse au nouveau pôle du tribunal de Nanterre dédié aux crimes en série et affaires non élucidées.
  • Parmi ces procédures, figurent les affaires visant le tueur en série Michel Fourniret, mais aussi d’autres qui ont été moins médiatisées dans le passé.
  • Les juges d’instruction de ce pôle spécialisé vont réétudier l’ensemble du dossier « avec leur propre regard », a expliqué lors d’une conférence de presse la présidente du tribunal Catherine Pautrat.

Services enquêteurs, cabinets d’avocats, tribunaux, familles de victimes… Depuis plusieurs mois, tous espèrent que leurs dossiers qu’ils proposent seront saisis par le nouveau pôle du tribunal de Nanterre dédié aux crimes en série et affaires non élucidées. Sur les 107 dossiers en cours d’analyse, sept ont déjà été confiés à un juge d’instruction, à savoir Sabine Kheris. Ancienne doyenne des juges d’instruction au tribunal de Paris, désormais première vice-présidente du pôle à Nanterre, la magistrate est connue pour avoir réussi à faire avouer au tueur en série Michel Fourniret son rôle dans la mort d’Estelle Mouzin.

Grâce aux moyens inédits dédiés à ce pôle spécialisé, elle – et les deux autres magistrats qui viendront renforcer le pôle en septembre prochain – aura pour mission de tout faire pour élucider ces affaires qui étaient dans l’impasse depuis des années. Afin que leurs auteurs ne récidivent pas, afin que les familles puissent enfin connaître la vérité.

Les crimes possiblement liés à Michel Fourniret

Parmi ces sept procédures, figurent les affaires visant l’ogre des Ardennes déjà suivies à Paris par la juge Kheris, a indiqué ce mercredi, lors d’une conférence de presse, le procureur de la République de Nanterre, Pascal Prache. Le tueur en série, décédé en mai 2021, est fortement suspecté d’être derrière les meurtres de Marie-Angèle Domece et Joanna Parrish, dont les corps ont été retrouvés en 1988 et en 1990, dans l’Yonne). Mais aussi d’être impliqué dans les disparitions de Lydie Logé en 1993, dans l’Orne, et de la petite Estelle Mouzin, en 2003, en Seine-et-Marne. Malgré de nombreuses fouilles, le corps de cette dernière n’a jamais été retrouvé.

L’affaire Hemma Davy-Greedharry

Le 30 mai 1987, Hemma Davy-Greedharry, 10 ans, est enlevée à Malakoff dans les Hauts-de-Seine, alors qu’elle se rendait dans un centre commercial pour acheter une équerre. Son corps nu est retrouvé, en flammes, un peu plus d’une heure plus tard à Châtillon. Ses vêtements ne seront jamais retrouvés. L’autopsie établit qu’elle a été violée et étranglée. Son meurtrier n’a jamais été retrouvé.

Le meurtre de Nathalie Boyer

Le 3 août 1988, Nathalie Boyer, une adolescente de 15 ans habitant à Bourgoin-Jallieu dans l’Isère, part se promener à Villefontaine. Le lendemain, elle est retrouvée par un cheminot, égorgée, le long d’une voie de chemin de fer à Saint-Quentin-Fallavier. L’autopsie n’avait pas révélé d’agression sexuelle.

Le meurtre de Leila Afif

En 2000, Leila Afif est tuée par balle en 2000 à La Verpillière, en Isère.

Le meurtre Miyreim Huysien

Cette prostituée bulgare a été retrouvée poignardée dans le bois de Boulogne à Paris en 2017.

Les juges d’instruction vont ainsi réétudier l’ensemble des dossiers « avec leur propre regard », explique la présidente du tribunal Catherine Pautrat. Avec l’objectif de trouver une faille, un détail, qui n’aurait pas été exploité par leurs prédécesseurs. Outre ces procédures déjà confiées à ce pôle créé le 1er mars, « 107 sont en cours d’exploitation », ajoute le procureur Pascal Prache, soulignant que ce chiffre est « en constante évolution ».