Béziers : Une femme tuée d’une dizaine de coups de couteau par son ex-concubin

FEMINICIDE Le mis en cause avait passé l’essentiel de son temps en prison depuis 2008, notamment pour des viols et des menaces envers son ex-femme

Jérôme Diesnis
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Police nationale (Illustration)
Police nationale (Illustration) — Adil Benayache/SIPA
  • Lundi matin, l’homme soupçonné du meurtre de son ex-compagne a appelé les gendarmes et la mère de la victime pour les prévenir qu’il avait commis des violences envers son ex.
  • Condamné pour viols en 2008 et libéré en 2018, il a multiplié depuis les séjours en prison, notamment pour avoir bravé l’interdiction d’entrer en contact avec son ex.
  • Un mois avant sa dernière sortie de prison, la victime avait refusé la mise en place d’un bracelet anti rapprochement.

Une femme âgée de 37 ans a été tuée de plusieurs coups de couteau, lundi, à son domicile à Béziers. Son ex-concubin a appelé la mère de la victime et les gendarmes pour les prévenir qu’il avait commis des violences à l’encontre de son ex-compagne. Il avait eu deux enfants avec elle, âgés de 12 et 17 ans.

Les policiers s’étaient alors rendus sur place où ils avaient découvert le corps de la victime. « Il résulte des premières investigations, et notamment de vidéosurveillances, que l’ex-concubin de la victime (…) s’était présenté au domicile de la victime vers huit heures du matin et qu’il en était ressorti en milieu de matinée », détaille le procureur de la République de Béziers, Raphaël Balland. Il a finalement été interpellé lundi vers 20h, à Marseillette, dans l’Aude.

Lourds antécédents judiciaires

Le mis en cause avait de nombreux et lourds antécédents judiciaires, dont deux condamnations en 2008 pour des viols à 8 ans d’emprisonnement et 12 ans de réclusion criminelle après des périodes de détention provisoire. Après avoir purgé ces deux peines, en partie confondue entre elles, il était sorti de détention en juillet 2018.

Le 25 septembre 2020, il avait été de nouveau condamné en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Béziers pour des délits routiers et des menaces de mort sur son ex-compagne, à 3 ans d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis probatoire assorti notamment de l’interdiction d’entrer en contact avec la victime. Après avoir purgé la partie ferme de sa condamnation, il avait été de nouveau libéré le 1er septembre 2021 et suivi dans le cadre de son sursis probatoire.

Une dernière libération le 21 mars

A la suite d’un signalement le 3 novembre 2021 des agents du service d’insertion et de probation de l’Hérault, le parquet de Béziers avait ordonné le jour même son placement en garde à vue au commissariat de Béziers. Il était retourné vivre au domicile de la victime et il avait proféré de nouvelles menaces à son encontre. Il avait été présenté au juge de l’application des peines qui avait révoqué à hauteur de 6 mois son sursis probatoire en ordonnant de nouveau son incarcération immédiate.

Libéré le 21 mars 2022, il était de nouveau suivi par le juge de l’application des peines et le service d’insertion et de probation qui lui rappelaient le maintien de son interdiction d’entrer en relation avec la victime. « En outre, avant la remise en liberté de cet individu, le juge de l’application des peines avait reçu la victime le 22 février pour lui proposer la mise en place d’un bracelet anti rapprochement, ce qu’elle avait refusé », précise le procureur de la République.

Placé en garde à vue, le mis en cause sera entendu au commissariat de Béziers en charge de l’enquête, dans la perspective de l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet du Béziers du chef de meurtre par ex-concubin. Un crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité.