Nice : Deux employées de mairie mises en examen dans une affaire de trafic de faux passeports

ENQUETE La Police aux frontières (Paf) des Alpes-Maritimes a détecté à Nice un trafic de passeports falsifiés vraisemblablement destinés à des membres du grand banditisme. Deux employées de mairie ont été mises en examen

F.B.
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La mairie annexe de Caucade, 55 avenue Sainte-Marguerite, à l'est de Nice, est actuellement fermée
La mairie annexe de Caucade, 55 avenue Sainte-Marguerite, à l'est de Nice, est actuellement fermée — Google Maps
  • Deux employées de la mairie de Nice ont été mises en examen dans une affaire présumée de trafic de faux documents d’identité, a indiqué le procureur de la République.
  • Un troisième protagoniste, un « voyou notoire » selon Nice-Matin, suspecté d’être le commanditaire de ce trafic, est en prison.
  • Il a été mis en examen pour « corruption active sur personnes chargées d’une mission de service public », « association de malfaiteurs », « escroquerie en bande organisée » et « obtention frauduleuse de faux documents ».

La mairie annexe de Caucade, à l’ouest de Nice, est « temporairement fermée ». Officiellement à cause de la crise sanitaire et d’une fréquentation insuffisante. C’est là, entre 2020 et 2021, que plusieurs demandes de passeports falsifiées, vraisemblablement destinés à des membres du grand banditisme, auraient transité. Deux employées ont été mises en examen dans cette affaire, a indiqué le procureur de la République à 20 Minutes, confirmant une information de Nice-Matin.

« L’enquête se poursuit dans le cadre de l’instruction », précise Xavier Bonhomme. Une information judiciaire est ouverte depuis le 20 octobre 2021. Les deux femmes, agents d’état-civil, ont été placées sous contrôle judiciaire. Un troisième protagoniste, un « voyou notoire » selon le quotidien régional, suspecté d’être le commanditaire de ce trafic, est en prison.

Il a été mis en examen pour « corruption active sur personnes chargées d’une mission de service public », « association de malfaiteurs », « escroquerie en bande organisée » et « obtention frauduleuse de faux documents ».

Jusqu’à 50.000 euros pour un faux passeport

Concrètement, ce dernier aurait dirigé plusieurs malfaiteurs, dont certains impliqués dans des affaires de drogue vers cette annexe de la mairie de Nice, où il avait « des contacts » pour obtenir des papiers officiels sous une fausse identité. Les passeports étaient revendus jusqu’à 50.000 euros par le commanditaire, qui reversait 1.500 euros aux employées, d’après Nice-Matin. Des chiffres que le parquet n’a pas confirmés.

La Police aux frontières (Paf) des Alpes-Maritimes, qui a détecté ce trafic, aurait identifié douze demandes frauduleuses validées par les employées du service d’état-civil. « Ces faits, s’ils sont avérés, constituent des manquements graves à la probité que doit respecter chaque fonctionnaire », réagit la municipalité.

« Si l’affaire détermine qu’un ou des agents ont commis des faits délictueux, la ville se portera naturellement partie civile, précise-t-elle. Des sanctions administratives seront évidemment prises envers ces personnes qui passeront devant un conseil de discipline. »