Présidentielle 2022 : A Sciences Po Rennes, Nathalie Arthaud appelle les jeunes à renverser la table

REVOLUTION Avant un meeting ce vendredi soir dans la capitale bretonne, la candidate de Lutte Ouvrière a échangé pendant près de deux heures avec des étudiants de l’Institut d’études politiques

Jérôme Gicquel
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La candidate de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud a échangé pendant près de deux heures avec des étudiants de Sciences Po Rennes ce vendredi après-midi.
La candidate de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud a échangé pendant près de deux heures avec des étudiants de Sciences Po Rennes ce vendredi après-midi. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • De passage à Rennes, Nathalie Arthaud a échangé avec des étudiants de Sciences Po ce vendredi après-midi.
  • La candidate de Lutte ouvrière a martelé son ambition de « renverser la société capitaliste » pour faire gagner « le camp des travailleurs ».
  • Plutôt séduits par les idées de Nathalie Arthaud, les étudiants rencontrés lui préfèrent tout de même Jean-Luc Mélenchon, « le vote utile » selon eux.

Elle n’a pas eu autant de succès que Jean-Luc Mélenchon qui avait fait salle comble, accueilli en rock star fin novembre à Sciences po Rennes. Environ 150 à 200 étudiants ont toutefois pris place dans l’amphithéâtre Erasme ce vendredi après-midi pour écouter et échanger avec Nathalie Arthaud. Candidate pour la troisième fois à l’élection présidentielle, la porte-parole de Lutte ouvrière a d’entrée affiché la couleur. « Je ne vise pas à m’asseoir dans le fauteuil de président, ce n’est pas mon but, a-t-elle expliqué. Mon ambition est plus grande, celle de changer la société et le monde ».

Pour ce faire, la candidate trotskiste veut « renverser la société capitaliste où il n’y a que le fric qui compte ». Face à un auditoire penchant clairement à gauche, la professeure d’économie s’est montrée plutôt à l’aise, répondant pendant près de deux heures aux questions des étudiants sur divers sujets comme la religion ou la situation internationale.

« Je ne mène pas un combat catégoriel », assure la candidate

Mais, sans surprise, il a surtout été question de lutte des classes. Avec d’un côté « le camp de la bourgeoisie qui domine et oppresse » et de l’autre « le camp des travailleurs » qu’elle défend corps et âme. « Et les travailleuses ? », lui lance une jeune femme dans la salle. Sourire un peu gêné de la candidate. « Je ne mène pas un combat catégoriel, je mène un combat pour changer le monde et cela passe par un grand rassemblement de tous ceux qui composent le monde du travail, lui répond la candidate. La révolte viendra des travailleurs et de la jeunesse ».



De jeunesse, il n’en a pourtant pas beaucoup été question pendant les débats. Quand certains candidats évoquent un revenu étudiant ou un minimum jeunesse, Nathalie Arthaud défend quant à elle ses propositions de relever le Smic à 2.000 euros par mois ou de supprimer le chômage en répartissant mieux le temps de travail. Des idées et « une vision d’avenir plutôt intéressante », selon Arno. « Ma mère est smicarde et j’ai aussi travaillé quelques mois à l’usine, raconte l’étudiant. J’ai donc pu me rendre compte qu’il y avait des choses inacceptables dans le monde de l’entreprise ».

Les étudiants plutôt tentés par le vote Mélenchon

Dans deux semaines, le jeune homme ne votera pourtant pas pour la candidate de Lutte Ouvrière. Il glissera plutôt dans l’urne un bulletin Jean-Luc Mélenchon, « le vote utile », selon lui. Beaucoup d’étudiants croisés à la sortie en feront de même comme Clémence. « J’aurais pu me laisser tenter par Arthaud ou Poutou mais ils n’ont aucune chance d’être au second tour », assure-t-elle.

Un peu plus loin, un autre étudiant souhaitant rester anonyme se montre plus perplexe. « C’est une belle idée la révolution mais cela paraît tellement loin, souligne le jeune homme. Et je ne pense pas que la société soit prête à cela ».