Suisse : Cinq membres d’une famille française se jettent d’un balcon, quatre meurent sur le coup

DRAME Un adolescent de 15 ans a été hospitalisé dans un état grave

20 Minutes avec AFP
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Un véhicule de la police suisse (illustration).
Un véhicule de la police suisse (illustration). — Wikicommons

Quatre ressortissants français d’une même famille sont décédés jeudi matin après une chute de sept étages depuis le balcon de leur appartement à Montreux en Suisse, a indiqué la police, en précisant qu’une cinquième personne est hospitalisée. Ils se sont « visiblement » jetés dans le vide.


« Il apparaît que les cinq personnes sont les membres d’une même famille de ressortissants français : le père de 40 ans, son épouse de 41 ans, la sœur jumelle de celle-ci et la fille du couple, âgée de 8 ans, sont les quatre personnes décédées. Le fils, âgé de 15 ans, est hospitalisé dans un état grave », a indiqué la police cantonale vaudoise dans un communiqué.

Mandat en lien avec la scolarisation d’un enfant

Les raisons de ce drame familial restent encore inconnues. Mais selon les premiers éléments, il s’est produit alors même que des gendarmes se rendaient précisément dans cet appartement.

Selon les premières investigations, deux gendarmes se sont rendus dans l’appartement de cette famille française « pour exécuter un mandat d’amener délivré par la préfecture en lien avec la scolarisation à domicile d’un enfant », a indiqué la police cantonale vaudoise dans un communiqué.

Silence dans l’appartement

Le mandat concernait le père, un Français de 40 ans domicilié dans cet appartement. Les gendarmes ont frappé à la porte et entendu une voix leur demandant qui était là. Après s’être annoncés, les gendarmes n’ont alors plus entendu de bruit dans l’appartement.

« Les gendarmes n’ont pas pu entrer dans l’appartement. Et c’est visiblement à ce moment-là que la décision a été prise par cette famille de se lancer en bas du balcon depuis le 7e étage », a indiqué le porte-parole de la police cantonale vaudoise, Jean-Christophe Sauterel, à la radio suisse publique RTS. Ne pouvant entrer en contact avec les éventuels occupants, les policiers ont quitté les lieux, mais dans l’intervalle, un témoin a appelé la police pour signaler que des personnes étaient tombées depuis le balcon d’un appartement.

Des faits en « huis clos »

Des équipes de soutien sont intervenues pour prendre en charge le témoin, ainsi que les personnes qui pourraient être impactées par ce drame, y compris les divers intervenants officiels. Une enquête a été ouverte par le procureur de service, qui a confié les investigations aux enquêteurs de la police de sûreté, afin de déterminer les circonstances exactes et les raisons de ce drame. La présence d’une autre personne dans l’appartement au moment des faits a pu être exclue en l’état de l’enquête.

« Les faits se sont déroulés en huis clos. Les personnes étaient dans l’appartement dans lequel les faits se sont passés et puis sont tombés du balcon. Est-ce qu’il s’agit d’une chute ou d’autres circonstances, ça, c’est l’enquête qui devra le déterminer pour autant que l’on puisse le faire », a souligné le porte-parole de la police cantonale vaudoise à la radio.

Une mère dentiste et un père dans le commerce

« Il y a toute une enquête de voisinage qui va être faite, d’environnement pour essayer de comprendre comment vivait cette famille, dans quelles circonstances », a-t-il dit. Selon la Tribune de Genève, les deux sœurs étaient toutes deux médecins. La mère, dentiste, avait exercé dans le nord-ouest de Paris. Sa sœur, ophtalmologue, formée à Paris et à Nancy, est ancienne cheffe de clinique universitaire aux Hôpitaux universitaires de Genève.

Selon des témoignages recueillis par le journal, le père travaillait à la maison, « visiblement dans le commerce ». « En l’état, les enquêteurs n’excluent aucune piste. On sait qu’on a affaire à une famille qui était plutôt renfermée, qui avait peu de contacts avec l’extérieur mais on ne peut pas en dire plus en l’état », a indiqué Christophe Sauterel. Cette famille résidait en Suisse « depuis plusieurs années », a-t-il dit, en ajoutant qu’elle « n’était pas du tout connue ni de la justice, ni des services de police en dehors de cette procédure en lien avec la scolarisation ».