Nantes: De nouveaux cas confirmés de piqûres en discothèques, mais le mystère demeure

ENQUÊTE Vingt-trois personnes ont désormais été piquées par un objet indéterminé dans des bars et discothèques de Nantes. Les analyses toxicologiques n'ont, pour l'heure, rien donné. Une éventuelle injection de GHB n'est pas démontrée

Frédéric Brenon
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(Illustration) Un groupe de jeunes en soirée en discothèque.
(Illustration) Un groupe de jeunes en soirée en discothèque. — Canva/20 Minutes
  • La justice a ouvert une enquête à la suite de plusieurs piqûres survenues au cours de soirées festives.
  • Une administration de substances chimiques, notamment du GHB, était suspectée. Mais elle n’a pu être confirmée.
  • Les investigations se poursuivent. Les contrôles sont renforcés.

Un peu plus de quinze jours après la révélation de plusieurs signalements de piqûres de clients ayant fréquenté des établissements nocturnes festifs nantais, de nouveaux cas ont été portés à la connaissance de la justice, rapporte le procureur de Nantes ce lundi après-midi. Au total, 23 signalements de personnes piquées aux membres, au dos, ou à l’épaule par un objet indéterminé ont été recensés à ce jour. Les deux derniers signalements ont été formulés au cours de ce week-end. Dix-sept plaintes ont été déposées, précise Renaud Gaudeul, procureur de la République, lequel a ouvert une enquête pour « administration de substances nuisibles » et « violence volontaire avec arme ».

Les victimes sont très majoritairement des femmes, âgées entre 18 et 30 ans. Les faits se sont produits dans huit établissements, à des heures différentes, « parfois au cours d’une même nuit ». Dans l’attente d’analyses complémentaires, les prélèvements sanguins et urinaires effectués rapidement sur 16 victimes n’ont, pour l’heure, pas permis d’établir qu’il y avait eu injection d’un produit, en particulier du GHB,surnommé la « drogue des violeurs ». « Les résultats sont négatifs au GHB. Tous les toxiques sont recherchés », confirme Renaud Gaudeul, bien en peine de donner, à ce stade, une explication au phénomène non observé ailleurs en France.

S’agit-il d’une seringue ou d’autre chose ?

« Les piqûres ont été objectivées par un médecin dans la majorité des cas », indique le procureur, tout en reconnaissant que la nature de l’objet employé ne peut être précisée. « On n’a retrouvé aucune seringue », ajoute-t-il. Toutes les victimes présentaient une trace suspecte à un endroit du corps. Certaines ont rapporté avoir ressenti des vertiges ou des maux de tête. Rien d’autre. Aucune agression sexuelle n’est suspectée, selon le parquet de Nantes.

« Je comprends l’inquiétude mais je ne suis pas en mesure de donner une réponse, réagit Renaud Gaudeul. Les investigations se poursuivent. Les services de police restent extrêmement mobilisés sur ce sujet. » Des surveillances dans les bars et discothèques nantais sont, notamment, opérées. Les établissements eux-mêmes ont renforcé leur sécurité pour tenter de rassurer la clientèle.

Un suspect avait été interpellé fin février puis placé en garde-à-vue. Mais il a été mis hors de cause et relâché « sans suites », précise le procureur