Dax : Une mère de famille mise en examen après deux ans d’enquête pour l’empoisonnement de sa fille

ENQUETE Elle avait notamment effectué des recherches sur les effets du surdosage d’un médicament, qui a précisément causé la mort de sa fille

20 Minutes avec AFP
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L'enquête a duré plus de deux ans, et 80 témoins ont été auditionnés.
L'enquête a duré plus de deux ans, et 80 témoins ont été auditionnés. — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

L’enquête a duré deux ans, vu 80 témoins auditionnés et six personnes interpellées. Le procureur de Mont-de-Marsan, Olivier Janson, a finalement indiqué vendredi qu’une mère de famille avait été mise en examen et écrouée la veille, soupçonnée d’avoir empoisonné en 2019 avec des médicaments surdosés sa fille de 18 ans, décédée. Un second suspect, le frère du petit ami de la victime, a également été mis en examen. Il est possible que ce jeune homme de 21 ans, placé sous contrôle judiciaire, ait participé à l'  empoisonnement, selon le procureur, qui pointe notamment son « discours incohérent ».

Le 13 novembre 2019, Enéa R., victime d’un malaise, était hospitalisée à Dax où elle décédait six jours plus tard sans qu’aucun élément ne permette de comprendre sur le moment les causes de la mort. L’expertise toxicologique a ensuite montré que la victime était décédée d’un surdosage de bêtabloquant, médicament réservé aux patients atteints d’une pathologie cardiaque, comme cela avait été le cas de la victime un an avant.

Des incohérences dans l’emploi du temps

Selon le procureur, la mère (Maëlys D.) « a effectué des recherches sur Internet quelques jours avant les faits sur les conséquences d’un surdosage de ce type de médicament​ » et « elle ne parvient pas à l’expliquer ». Elle a été mise en examen « du fait des incohérences manifestes de son emploi du temps. Les nombreux témoignages que nous avons mettent à mal sa version », a indiqué Olivier Janson lors d’une conférence de presse. Placée en détention provisoire, elle conteste les faits.

Décrite comme « mythomane », cette femme avait une forte emprise sur ses deux filles ainsi que sur le petit ami de la victime et le frère de ce dernier, l’autre mis en cause, « qui vivaient quasiment chez elle », selon le procureur. Depuis des années, la mère empêchait ses filles de voir leur père, dont elle était séparée. Ce dernier avait « effectué de nombreux signalements » avant le drame, a expliqué le procureur de la République. Le père d’Enéa R. s’est constitué partie civile, a annoncé jeudi son avocat Me Thibault Laforcade.