Guadeloupe : Les gendarmes visées par des tirs à balles réelles, déplore Gérald Darmanin

VIOLENCES URBAINES Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a prévenu, ce mardi, que le rétablissement de l’ordre public en Guadeloupe est le « préalable à toute discussion »

20 Minutes avec AFP
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Un barrage en Guadeloupe le 22 novembre 2021.
Un barrage en Guadeloupe le 22 novembre 2021. — JOURDIER / ZEPPELIN/SIPA

Des policiers ont été visés par des tirs en Guadeloupe, ont assuré ce mardi matin, le ministre des Outremers, Sébastien Lecornu, et celui de l'Intérieur, Gérald Darmanin. « On n’a pas de violence urbaine, au moment où je vous parle, mais malheureusement ces dernières heures, nous avons eu des tirs contre des policiers, notamment à Pointe-à-Pitre », a déclaré le premier sur France 2, assurant qu’il fallait décorréler ces violences de la contestation de l’obligation vaccinale, à laquelle le gouvernement cherche des solutions dans la concertation.

« On voit bien qu’on n’est pas sur une question sanitaire et sociale, on est sur des bandes, on est sur des voyous, on est sur des personnes qui sont malheureusement déjà défavorablement connues des services de police ou de la justice qui se servent de cette crise pour s’exprimer dans la violence, et ça pour le coup, la réponse du gouvernement, elle est implacable, elle est claire, elle est ferme : l’envoi du Raid et du GIGN », a-t-il indiqué.

« La situation est toujours très difficile »

Le ministre de l’Intérieur a prévenu, ce mardi, que le rétablissement de l’ordre public en Guadeloupe est le « préalable à toute discussion ». « La situation est toujours très difficile (…) Ce qui est certain c’est que le rétablissement de l’ordre public est le préalable à toute discussion évidemment », a-t-il déclaré sur France Inter, assurant que des gendarmes avaient été la cible de tirs à balles réelles.  « Si on acceptait la revendication d’une minorité violente et agissante qui consiste à dire "pas de vaccination en Guadeloupe", on accepterait de facto que la population guadeloupéenne est moins bien protégée contre une maladie que le reste de la population », a expliqué Gérald Darmanin.

Dans cette île où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté (Insee), les violences ont débuté après plusieurs jours de mobilisation syndicale pour contester l’obligation vaccinale des soignants et des pompiers. Pour autant, le ministre a assuré qu’il n’y avait aucun parallèle à faire avec la grève de 2009 qui avait paralysé la Guadeloupe pendant quarante-cinq jours. « L’arrivée des forces de l’ordre a calmé une partie des difficultés me semble-t-il mais il y a encore des difficultés », a insisté Gérald Darmanin. Cela « n’a rien à voir », car en 2009 la grève générale « pass(ait) par des voies syndicales avec des entreprises et des services publics fermés, parce que les gens exerç(aient) leur droit de grève », a précisé de son côté le ministre des Outremers.

Sébastien Lecornu a indiqué que depuis le début de la crise, « 95 interpellations » avaient eu lieu et « une trentaine de premières réponses pénales viennent d’être données par les tribunaux de Guadeloupe »