Besançon : Des mosquées encore taguées avec des croix de Lorraine dans le Doubs

RACISME Après Pontarlier et Morteau au début du mois, c'est cette fois à Besançon que des tags ont été découverts

T.G. avec AFP
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La mosquée Assalam, quartier Malakoff à Nantes (illustration 2016).
La mosquée Assalam, quartier Malakoff à Nantes (illustration 2016). — J.Urbach/20Minutes
  • Des tags représentant des croix de Lorraine ont été découverts sur deux mosquées de Besançon.
  • En détournant ce symbole de la Résistance, les auteurs des tags entendent manifester leur volonté de « libérer le territoire des musulmans », a estimé Khalid Jarmouni, le président du CCIFC qui gère la mosquée de Fontaine Ecu, où six croix ont été tracées à la peinture rouge.
  • Ce n’est pas la première fois que de tels actes sont commis dans le Doubs

Pontarlier, Morteau et maintenant Besançon. Deux mosquées de la capitale du Doubs ont été taguées dans la nuit de vendredi à samedi avec des croix de Lorraine, symbole du gaullisme et de la Résistance détourné pour délivrer un message anti-musulmans, selon les responsables de ces lieux de cultes.

« Le Centre Culturel Islamique de Franche-Comté (CCIFC) condamne avec force ces actes dont la seule finalité est de répandre la haine et le rejet de l'autre », a réagi dans un communiqué Khalid Jarmouni, le président du CCIFC qui gère la mosquée de Fontaine Ecu, où six croix ont été tracées à la peinture rouge.

En détournant ce symbole de la Résistance, les auteurs des tags entendent manifester leur volonté de « libérer le territoire des musulmans », a-t-il estimé. « C'est oublier que la France a aussi été libérée par des musulmans, et que cette croix est emblématique aussi pour les musulmans français », a déploré M. Jarmouni, évoquant notamment le cimetière de Saint-Claude à Besançon, on sont enterrés « près de 1.000 soldats musulmans » morts au combat pendant la Seconde Guerre mondiale.

Une enquête préliminaire ouverte

Tahar Belhadj, porte-parole de la mosquée Sounna, également visée par des dégradations, a lui aussi condamné ces actes « islamophobes ». « Ces actes sont une conséquence de la campagne électorale (présidentielle) qui attaque l'islam », a-t-il estimé. « C'est toujours comme ça à la veille de l'élection présidentielle, on utilise l'islam comme bouc-émissaire », selon lui.

Les deux responsables associatifs ont fait part de leur intention de porter plainte. Le parquet de Besançon a annoncé qu'une enquête préliminaire avait été ouverte. Un officier de police judiciaire et un technicien d'investigation criminelle se sont rendus sur place dans la matinée.

Au matin du 7 novembre, des tags similaires avaient été découverts sur une mosquée et deux associations turques, à Pontarlier et Morteau.