Disparition d'Estelle Mouzin : Les recherches du corps ont repris dans les Ardennes

ENQUETE « Beaucoup de moyens » sont mis en œuvre, avec notamment une pelleteuse ainsi que des équipes cynophiles, a souligné l’avocate de la famille d’Estelle, disparue depuis dix-sept ans

20 Minutes avec AFP
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Des gendarmes dans le village d'Issancourt-et-Rumel, lors de nouvelles fouilles pour retrouver le corps d'Estelle Mouzin, qui a disparu depuis dix-sept ans.
Des gendarmes dans le village d'Issancourt-et-Rumel, lors de nouvelles fouilles pour retrouver le corps d'Estelle Mouzin, qui a disparu depuis dix-sept ans. — AFP

De nouveaux éléments viendront-ils remplir les cases manquantes du puzzle ? De nouvelles fouilles ont débuté lundi à Issancourt-et-Rumel, dans les Ardennes, pour retrouver le corps d' Estelle Mouzin, victime présumée du tueur en série Michel Fourniret en 2003, ont constaté lundi des journalistes de l’AFP.

Cette première journée de recherches s’est déroulée en présence de Monique Olivier, l’ex-femme de Michel Fourniret, extraite de la prison où elle purge une mesure de sûreté de 28 ans pour complicité dans quatre des meurtres de « l’ogre des Ardennes ».

Huitième campagne de recherches

La campagne de recherches, qui va durer « plusieurs jours » selon Me Corinne Hermann, qui défend la famille d’Estelle, est la huitième menée dans les Ardennes depuis juin 2020. Le périmètre des recherches, bouclé depuis le matin, « s’agrandit », tandis que « beaucoup de moyens » sont mis en œuvre, avec notamment une pelleteuse ainsi que des équipes cynophiles, dont une venue de Belgique, a relevé l’avocate.

La juge d’instruction, Sabine Kheris, « et la justice mettent tous les moyens pour retrouver Estelle », « nous sommes plein d’espoir », a-t-elle ajouté.

Une nouvelle section de la zone explorée

Le bois communal d’Issancourt-et-Rumel, village de 400 habitants près de la frontière belge, a déjà été exploré à deux reprises par les enquêteurs, sur la base d’indications livrées par Monique Olivier. C’est sur une nouvelle section, jusque-là non exploitée, que doivent se concentrer les recherches, selon une source proche de l’enquête. La parcelle concernée est « une futaie claire de chênes et de hêtres » située au nord des précédents secteurs fouillés, a affirmé à l’AFP Ghislain Debaiffe, maire d’Issancourt-et-Rumel.

Estelle Mouzin avait disparu à l’âge de neuf ans à Guermantes (Seine-et-Marne), le soir du 9 janvier 2003, alors qu’elle rentrait de l’école. Pendant de longues années, l’enquête est allée d’impasses en culs-de-sac, malgré les efforts incessants du père d’Estelle, Eric Mouzin, déterminé à retrouver la trace de sa fille, dont le visage enfantin, cheveux librement attachés et le cou encadré d’un pull rouge, est connu de tous les Français.

Monique Olivier avait pour la première fois reconnu en avril un rôle dans la séquestration de l’enfant. Elle avait précisé avoir accompagné Michel Fourniret au bord du bois pour le laisser aller enfouir le corps.

Fourniret avait avoué en 2020

Le village d’Issancourt-et-Rumel se situe à 4 km de Ville-sur-Lumes où, toujours selon Monique Olivier, Michel Fourniret a séquestré, violé et tué Estelle, dans une maison appartenant à sa sœur. L’ADN partiel de l’enfant a été retrouvé à deux endroits sur un matelas saisi en 2003 dans cette maison.

Condamné à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, Michel Fourniret avait fini par avouer en mars 2020 sa responsabilité dans la disparition d’Estelle Mouzin, affaire dans laquelle il avait été mis en examen. Il est mort à 79 ans à Paris le 10 mai.