Lyon : Prison ferme requise contre les agresseurs d’un policier

JUGEMENT Deux ans et demi de prison ferme ont été requis contre dix personnes suspectées d'avoir violemment agressé un policier, alors que celui-ci n'était pas en service

J. Le. avec AFP
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Deux mineurs à l'origine de l'agression ont été renvoyés devant le tribunal pour enfants. (Illustration)
Deux mineurs à l'origine de l'agression ont été renvoyés devant le tribunal pour enfants. (Illustration) — G. Varela / 20 Minutes
  • Dix hommes ont été jugés pour avoir roué de coups un policier qui rentrait chez lui la nuit du 14 juin 2020.
  • Ils comparaissaient pour violences aggravées en réunion, avec armes, sur dépositaire de l'autorité publique.
  • Des peines de 42 mois de prison ont été requises, deux suspects ont été relaxés.

Des peines de deux ans et demi de prison ferme ont été requises vendredi 5 novembre contre huit des 10 prévenus suspectés d’avoir participé à la violente agression subie par un policier, dans la nuit du 14 juin 2020, à Lyon. Frappé à coups de poing et de pied, le policier, alors en poste au commissariat de Caluire et qui rentrait à son domicile, a subi 45 jours d’incapacité totale de travail (ITT), souffrant d’une triple fracture à la cheville.

Deux mineurs à l’origine de l’agression, qui auraient rameuté un groupe dans un square, sont renvoyés devant le tribunal pour enfants. Les dix majeurs, aujourd’hui âgés de 20 à 30 ans, ont effectué de la détention provisoire, de deux mois à un an.

Traité de « sale flic »

Les accusés étaient jugés pour violence aggravée par trois circonstances : en réunion, avec arme, et sur dépositaire de l’autorité publique. Pour deux d’entre eux, la relaxe a été requise. Pour les huit autres, des peines de 42 mois de prison dont 12 avec sursis, assorties de mandats de dépôt, ont été réclamées.

Les faits se sont déroulés vers 4 heures du matin, alors que le policer revenait d’une crémaillère avec sa compagne. Une voiture a pilé devant lui, après un virage effectué au frein à main. Le conducteur est descendu et lui a foncé dessus, en le traitant directement de « sale flic », selon son récit.

Aucun prévenu n’a reconnu avoir frappé

La voiture est repartie, et une dizaine d’individus sont revenus. Le policier est allé à leur rencontre, pour permettre à sa compagne de se mettre à l’abri. Il est tombé sous les premiers coups, se mettant en position fœtale, recevant une quarantaine de coups, selon ses déclarations. Alertés par des cris, des témoins ont vu depuis leur fenêtre un groupe utiliser des barres de fer.

A l’audience, aucun prévenu majeur n’a reconnu avoir porté des coups, et tous ont affirmé ignorer la qualité de policier de la victime. « J’ai entendu du bruit et j’ai vu du monde courir », a déclaré un protagoniste. « Il m’a mis direct un doigt dans l’œil, j’ai pas vu ce qui s’est passé », a dit un autre. « Personne n’a porté de coups, personne n’a su qu’il était policier, tout le monde admet qu’il était là, et personne n’a frappé », a ironisé la procureure Sophie Taupin.