Paris : Une jeune femme meurt d’une overdose d’héroïne au square porte de la Villette

ADDICTION Le corps de la jeune victime a été découvert il y a une semaine par une association

G. N.
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Fin septembre, au square de la Porte de la Villette.
Fin septembre, au square de la Porte de la Villette. — Eric DESSONS/JDD/SIPA

Une jeune femme a été découverte morte d’une overdose d'héroïne, au square de la Porte de la Villette à Paris, a-t-on appris mercredi auprès d’une association et de la mairie de Pantin. Le corps de cette femme d’une vingtaine d’années a été retrouvé jeudi dernier, a indiqué l’association 93 Anti-Crack, qui distribue des boissons chaudes dans ce square situé en contrebas du boulevard périphérique, dans le 19e arrondissement, en bordure de la Seine-Saint-Denis​. Le parquet de Paris a ouvert le jour même une enquête pour déterminer les causes de la mort, a-t-il indiqué à l’AFP.

« L’inaction et le mutisme de l’Etat ne doivent plus perdurer et nous exigeons une mise à l’abri immédiate et des actions de prise en charge sanitaire et sociale sans délais », a déclaré dans un communiqué cette association, qui dénonce le regroupement de toxicomanes à cet endroit par les autorités.

Une autre situation d’arrêt cardiorespiratoire le lendemain

D’après des consommateurs de crack rencontrés mercredi dans le square par l’AFP, la jeune femme n’habitait pas sur place, mais s’y rendait tous les jours avec son chien. Selon celui qui dit avoir découvert son corps, elle avait été déposée sur place, inconsciente, par ceux qui lui ont fourni sa drogue, achetée à l’extérieur. « La jeune femme est décédée d’une overdose d’héroïne mais consommait également du crack, indique-t-on à la mairie de Pantin. Son compagnon, qui était sur place, a appelé les secours mais ceux-ci n’ont pas pu ranimer la victime. »

« Si rien n’est fait, ce supermarché de la drogue​ va devenir un mouroir, c’est ce qui est en train de se passer », a réagi auprès de l’AFP le maire (PS) du 19e arrondissement François Dagnaud, dénonçant un « alourdissement de la situation ». « Il y a une accumulation de faits inquiétants », abonde la mairie de Pantin, qui signale que le lendemain du décès de la jeune femme, soit le 29 octobre, il y a eu une autre situation d’arrêt cardiorespiratoire dans le même square, avec un dénouement plus heureux, puisque les secours sont parvenus à ranimer la victime.

« Mur de la honte »

Dérivé fumable, bon marché et très addictif de la cocaïne, le crack gangrène de longue date le nord-est parisien et sa banlieue proche. Le déplacement fin septembre d’une cinquantaine de toxicomanes du quartier des jardins d’Éole (XIXe) jusqu’au square de la porte de la Villette fait craindre aux riverains l’apparition d’un nouveau haut lieu de consommation à la limite de la Seine-Saint-Denis. De petites manifestations d’habitants se tiennent chaque mercredi soir ces dernières semaines.

Les autorités ont érigé un mur entre la commune voisine d’Aubervilliers et le square où ont été relocalisés les usagers, censé éviter le passage vers la banlieue de ces derniers. Pour ses détracteurs, qui le qualifient parfois de « mur de la honte », il est devenu le symbole de l’impuissance de l’État face au fléau endémique du trafic et de la consommation de drogues.