L’homme qui se faisait passer pour le neveu de Brigitte Macron devant la justice

SUPERCHERIE Il a ainsi été surclassé dans un hôtel luxueux de Hong-Kong et a échoué à obtenir des places pour un Grand prix de Formule 1

20 Minutes avec AFP
— 
Le prévenu comparait pour usurpation d'identité, tentative d'escroquerie et escroquerie.
Le prévenu comparait pour usurpation d'identité, tentative d'escroquerie et escroquerie. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Plus c’est gros, plus ça passe ? Pas pour cet homme de 35 ans, qui comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris pour s’être notamment fait passer pour le neveu de Brigitte Macron. Il a reconnu avoir créé au printemps 2018, via l’hébergeur Internet OVH, une fausse adresse mail : dircab@presidence-française.fr, et signait ses envois en tant que Pierre-Olivier Costa, directeur de cabinet de Brigitte Macron, ou Patrick Strzoda, directeur de cabinet d' Emmanuel Macron, qui se sont constitués partie civile.

Dans ces mails, il demandait des prestations particulières, soi-disant pour le neveu de la Première dame : un accueil VIP dans un hôtel de luxe au Maroc, des places pour un grand prix de Formule 1 à Melbourne ou encore une carte Club 2000 auprès d’Air France. Si la plupart de ses tentatives ont échoué, il a tout de même pu visiter un camp de réfugiés rohingyas, s’entretenir avec l’ambassadrice de France au Bangladesh et bénéficier, quelques jours plus tard, d’un surclassement dans l’hôtel de luxe situé à Hong-Kong.

Le prévenu a plaidé la « mythomanie », expliquant des difficultés « à rester dans sa vie ». « Pendant mon enfance, le mensonge faisait partie du quotidien. J’ai fugué à 17 ans et j’ai commencé à m’inventer un scénario de vie pour créer une sorte de distorsion par rapport à ma vie d’avant », a-t-il précisé. Il reconnaît ainsi être attiré par « le statut, le prestige, les privilèges », mais nie avoir agi « pour l’argent ». Jugé pour usurpation d’identité, tentatives d’escroquerie, escroquerie, l’homme est d’ailleurs un récidiviste puisqu’il avait été condamné pour des faits similaires en septembre 2014.

Une complice et une autre combine

A ses côtés comparait une complice qui n’avait pas forcément les mêmes motivations. Le rôle de la jeune femme ? Son « carnet d’adresses, ce qui pouvait faciliter l’approche ». « Je me suis toujours présentée sous ma véritable identité. Jamais je n’ai pensé que c’était une usurpation d’identité », s’est-elle défendue, arguant que pour elle, « c’était comme si quelqu’un se présentait en boîte de nuit en prétendant être le neveu de Brigitte Macron, ce n’était pas grave ». Au lieu d’une entrée en discothèque, la prévenue a en fait obtenu vêtements de luxe, surclassements hôteliers, ou même le prêt d’une voiture électrique Tesla.

Dernière corde à l’arc des deux usurpateurs, la présentation de l’homme comme un journaliste infiltré, utilisant ces fausses adresses pour dénoncer les « privilèges et passe-droits d’un système ». Devant le tribunal, il a reconnu « une supercherie ».