Angers : La police municipale sera équipée de LBD, malgré un débat houleux

SÉCURITÉ Lors du conseil municipal, les élus de la ville d’Angers ont adopté l’achat de lanceurs de balles de défense (LBD) pour les agents de la police municipale de nuit. Une décision qui s’est faite à la suite d’un débat houleux

Pierre-Alexandre Aubry
— 
La police municipale de nuit sera équipée de LBD à Angers. (Illustration)
La police municipale de nuit sera équipée de LBD à Angers. (Illustration) — G. Varela / 20 Minutes
  • Les policiers municipaux de la ville d'Angers seront bientôt équipés de LBD.
  • Un choix de la municipalité (DVD), qui souhaite protéger ses agents, face à une insécurité grandissante.

Débat houleux lors du conseil municipal de la ville d’Angers (Maine-et-Loire), lundi 25 octobre. Lors de cette réunion, les élus ont longuement échangé autour d’un sujet brûlant : celui d’équiper la police municipale de Lanceurs de Balles de Défense (LBD). C’est l’ajointe à la sécurité (centre droit), Jeanne Behre Robinson, qui a lancé le débat, présentant une situation de sécurité « qui évolue à Angers ». « La police municipale de nuit a affaire à un contexte d’intervention de plus en plus compliqué ». L’adjointe angevine évoque des violences urbaines de plus en plus fréquentes et dangereuses pour les effectifs de la police locale, prenant pour exemples des « guets-apens », des « barricades », face à des « individus hostiles et en groupe ».

Mise en place depuis 2014, la police municipale de nuit est déjà équipée de bâtons télescopiques, de bombes lacrymogènes et de pistolets à impulsion électrique, ainsi que de caméras piétons. Mais face à des situations d’insécurité grandissantes, la ville souhaite « compléter cet équipement défensif », en achetant quatre LBD pour ses agents de nuit, pour un montant total de 10.000 €. Pour rappel, il ne s’agit pas de LBD utilisés par la police nationale. Ceux-là sont équipés de balles en feutrine, et non en caoutchouc.

« Quatre LBD ne régleront pas le problème »

Vent debout, l’opposition municipale estime que cette arme revient à « des missions de maintien de l’ordre qui relèvent exclusivement de la police nationale », explique Claire Schweitzer. « Armer la police municipale n’est pas la solution. Quatre LBD ne régleront pas le problème et pourront même avoir un effet d’escalade », ajoute Arash Saeidi, élu d’opposition. De son côté, la majorité municipale estime qu’elle se doit avant tout de protéger ses agents. Et cette arme permettrait, selon elle, « d’améliorer leurs conditions de travail ». « Aujourd’hui, plus de la moitié des polices municipales en France sont dotées d’équipement létal. Ce n’est pas le choix que nous faisons », conclut l’adjointe à la sécurité, dont la proposition a recueilli la majorité des votes. L’opposition a voté contre.