Nantes : Pas moins de 338 kilos de cannabis découverts dans le double-toit d’un camion

DROGUE La police judiciaire a interpellé six suspects dans l'enceinte d'une entreprise à Orvault

F.B. avec AFP
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Illustration de la police judiciaire.
Illustration de la police judiciaire. — DENIS CHARLET / AFP

C’est un riverain, intrigué par des bruits suspects, qui a donné l’alerte à la police en composant le 17. Six hommes âgés de 21 à 34 ans ont été mis en examen et placés en détention provisoire après la découverte de 338 kilos de cannabis sous le double toit d’un camion en Loire-Atlantique la semaine dernière, a annoncé lundi le parquet de Nantes.

Ces suspects avaient été interpellés mercredi dans l’enceinte d’une entreprise d’une zone d’activités d’Orvault, près de Nantes. Les deux équipes de police secours avaient surpris deux hommes en train de tenter de démonter le double toit d’une remorque frigorifique contenant 23 t de fruits (des grenades) à l’aide de marteaux et de bâtons de bois. Scellé par 64 plaques métalliques de deux centimètres d’épaisseur, ce faux toit renfermait 338 kilos de résine de cannabis.

Un réseau criminel derrière tout ça

« Ce double toit était extrêmement bien soudé, à tel point que la police judiciaire a mis une journée à extraire la marchandise », a expliqué le procureur de la République de Nantes Renaud Gaudeul, précisant que cette méthode de dissimulation n’avait encore jamais eu cours à Nantes.

L’un des deux hommes a pris la fuite avant d’être retrouvé caché dans l’entrepôt de cette entreprise une heure plus tard. Deux autres hommes, chauffeurs routiers, ont été découverts un peu plus loin à bord du tracteur, immatriculé en Espagne. La remorque était quant à elle immatriculée au Maroc.

« L’originalité et la qualité de la dissimulation de la marchandise laissent à penser qu’il y a un réseau criminel organisé au moment du chargement », a déclaré la commissaire Laetitia Berkane, directrice adjointe de la police judiciaire à Nantes. Un mode opératoire qui tranche avec le démontage du toit du camion à Orvault « sans outillage approprié », a noté le procureur.

D'une valeur entre 1 et 2,7 millions d'euros

« Les individus nient ou minimisent très largement les faits qui leur sont reprochés », a précisé le procureur. « Ce sera à l’enquête de définir le rôle de cette entreprise, tout comme déterminer le réseau d’importation et de réception de la marchandise », a-t-il poursuivi. La valeur de cette saisie, désormais détruite, oscille entre un et 2,7 millions d’euros selon la police judiciaire.

Les six suspects, deux Français et quatre Marocains, ont été mis en examen notamment pour « transport, détention et acquisition de stupéfiants » et « participation à une association de malfaiteurs ».