Nord : Deux millions en cryptomonnaie et en or, retrouvés chez un couple du Cambrésis

ENQUETE Un couple du Cambrésis, dans le Nord, est soupçonné d’avoir détourné de ses revenus fiscaux au moins deux millions d’euros en cryptomonnaie et en or

Gilles Durand
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Les pièces d'or et d'argent retrouvées lors d'une perquisition, près de Cambrai, dans le Nord.
Les pièces d'or et d'argent retrouvées lors d'une perquisition, près de Cambrai, dans le Nord. — Gendarmerie nationale
  • Une perquisition a permis de saisir, chez un couple et aux domiciles de membres de leur entourage, dans le Cambrésis, environ deux millions d’euros en or et cryptomonnaie.
  • Le mari est actuellement incarcéré pour conduite en état d’ivresse et sans permis.
  • L’enquête se poursuit pour connaître tous les rouages des transactions, notamment sur le Darknet.

Une caverne d’Ali Baba quasi virtuelle. Les gendarmes de la brigade de recherches de Cambrai, dans le Nord, ont mis la main, la semaine dernière, sur un pactole hors norme lors de perquisitions. Elles ont permis de saisir, chez un couple et aux domiciles de membres de leur entourage, dans le Cambrésis, 1,5 million d’euros de crypto-actifs, ainsi que 10 kg d’or en lingots, et plus de 250 pièces d’or et d’argent, pour un montant total estimé à 500.000 euros.

Les mis en cause, un homme de 43 ans et une femme de 47 ans, sont soupçonnés de blanchiment de fraude fiscale grâce au mécanisme singulier qu’ils avaient mis en place. Les gains étaient obtenus en spéculant sur des plateformes de courtage en cryptomonnaie – ce qui est autorisé – mais ils n’ont jamais été déclarés, ce qui l’est moins.

Un mode opératoire singulier

Le couple a été placé en garde à vue quarante-huit heures, avant d’être relâché. En fin presque. Le mari est, en effet, incarcéré depuis 2019 pour conduite en état d’ivresse et sans permis.

Ce sont les cybergendarmes de la section de recherches de Villeneuve-d’Ascq, spécialisés dans le domaine financier, qui ont mis le doigt sur le mode opératoire des transferts d’argent mis en place par le duo. Dans cette mission, ils ont été épaulés par un autre service de gendarmerie : la cellule régionale des avoirs criminels du Nord.

Un niveau de vie disproportionné

L’enquête démarre fin 2019. « A l’époque, le principal mis en cause est entendu par un magistrat dans le cadre de son contentieux routier. Cet homme fait alors état d’un niveau de vie disproportionné au regard de ses activités déclarées, ce qui a éveillé l’attention », raconte la gendarmerie, dans un communiqué.

Rapidement, les investigations confirment que l’intéressé est propriétaire avec son épouse de cinq maisons et de dépôts d’espèces et crypto-actifs, sans rapport avec leurs revenus officiels.

« Les cyberenquêteurs finissent par établir que d’importants achats d’or sont réalisés sur le Web en bitcoins et livrés physiquement à son domicile. Ils découvrent également que l’or est ensuite revendu à l’étranger, notamment dans des boutiques en Belgique », ajoute la gendarmerie. Le mis en cause est soupçonné d’avoir agi en prison avec la complicité de sa femme.

Enquête sur le Darknet

Mais d’où viennent les bitcoins et comment le réseau s’est mis en place ? C’est ce que les cybergendarmes continuent de chercher sans privilégier d’hypothèse. « L’intérêt de cette affaire est qu’elle nous permet d’accrocher un endroit souterrain du Web qu’on appelle le Darknet où ont lieu des transactions illicites », complète une source.

L’enquête se poursuit pour tenter d’exploiter les supports numériques saisis lors des perquisitions et mettre au jour toutes les transactions.