Alsace : Le meurtrier présumé de son mari en cavale à Hong-Kong, une veuve écrit au président de la République

APPEL A L'AIDE « La France ne protège pas les criminels. Je ne veux pas et ne peux pas le croire », écrit-elle dans sa lettre

T.G. avec AFP
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L'aéroport de Bâle-Mulhouse (Haut-Rhin), où avait été retrouvé mort Jean Meyer, en 2011.
L'aéroport de Bâle-Mulhouse (Haut-Rhin), où avait été retrouvé mort Jean Meyer, en 2011. — A. Ighirri / 20 Minutes
  1. La veuve de Jean Meyer, tué sauvagement en 2011 à l’aéroport de Bâle-Mulhouse, a écrit une lettre à Emmanuel Macron.
  2. Dix ans après les faits, elle demande l’extradition du meurtrier présumé de son mari.
  3. Celui-ci vit à Hong Kong, où les autorités locales refusent de l’extrader.

Les faits ont plus de dix ans. En 2011, un contrôleur aérien de l'aéroport de Bâle-Mulhouse avait été sauvagement tué. L’affaire toujours pas résolue et le meurtrier présumé toujours à Hong Kong où les autorités locales refusent de l’extrader, la veuve de la victime a décidé d’agir. Elle vient d’écrire à Emmanuel Macron.

« Je vous demande, M. le Président, de tout mettre en œuvre pour faciliter et accélérer cette extradition afin que justice puisse être rendue à mon mari, notre enfant et notre famille » , écrit-elle dans une lettre datée du 28 septembre. « J’attends avec espoir une réponse positive de votre part et vous en remercie dès à présent », ajoute-t-elle à l’adresse du chef de l'Etat.

Elle y revient aussi sur les multiples rebondissements qu’a connus la traque de Karim Ouali, l’un des fugitifs les plus recherchés d’Europe, en cavale depuis dix ans. Ce contrôleur aérien de 45 ans, surnommé le « Joker » en raison de sa fascination pour le personnage de comics, est fortement soupçonné d’avoir assassiné Jean Meyer : le 27 avril 2011, ce chef de tour de 34 ans avait été retrouvé au 11e étage de la tour de Bâle-Mulhouse, juste en dessous de la salle de contrôle, tué d’une dizaine de coups de hachette.

Rapidement soupçonné, Karim Ouali, lui aussi contrôleur dans le même aéroport, était parvenu à s’enfuir après avoir manifestement minutieusement préparé sa cavale. Visé par un mandat international, les policiers français l’ont localisé à Hong Kong via un site de rencontres, mais les autorités hongkongaises refusent de l’extrader.

« Nous sommes laissés pour compte »

Elles « ont fait savoir qu’elles ne mèneraient aucune investigation », regrette la veuve, qui rappelle qu’en août 2020, « la France a suspendu la ratification d’un accord d’extradition avec Hong Kong, compliquant ainsi les relations diplomatiques entre Paris et le territoire autonome chinois ».

« La France ne protège pas les criminels. Je ne veux pas et ne peux pas le croire », écrit celle qui dit ne pas pouvoir se « résigner » à ce que « le meurtrier de [s]on époux ne soit pas extradé et condamné en raison de relations diplomatiques tendues ». « Aujourd’hui, dix ans après le drame, justice peut être rendue », mais « l’Etat français ne réagit pas. Nous sommes laissés pour compte », alors que le meurtrier présumé de son mari « vit en paix dans un pays où […] il n’est d’une aucune manière inquiété », déplore-t-elle.