Hérault : Ancien boxeur, candidat FN… Ce que l'on sait de l'homme suspecté d'avoir décapité une retraitée à Agde

ENQUETE Agé de 51 ans, Jean-Michel M. a été placé jeudi soir en garde à vue par les enquêteurs de la police judiciaire de Montpellier

Thibaut Chevillard
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C'est dans cette maison que le corps d'Evelyne K., 77 ans, a été retrouvé mercredi soir
C'est dans cette maison que le corps d'Evelyne K., 77 ans, a été retrouvé mercredi soir — SYLVAIN THOMAS / AFP
  • Le corps d’Evelyne K., 77 ans, a été retrouvé mercredi soir chez elle, à Agde (Hérault). La victime, une enseignante à la retraite, a été décapitée, et sa tête posée sur une table à proximité de son corps.
  • Jeudi soir, les enquêteurs de la police judiciaire ont arrêté un suspect. Il s’agit d’un homme de 51 ans, un ancien boxeur professionnel qui a été candidat sur une liste FN aux élections municipales en 2014 à Hautmont, dans le Nord.
  • Sans emploi, le suspect vit de petits boulots et avait déjà effectué de petits travaux chez la victime. Il souffre de troubles neurologiques et est suivi par un psychiatre et un psychologue.

Il se déclare chrétien, priant tous les jours et allant parfois à la messe. Vingt-quatre heures après la découverte du corps d’une enseignante à la retraite à Agde, un suspect a été interpellé. Agé de 51 ans, Jean-Michel M. a été placé en garde à vue jeudi soir, vers 21h, du chef d’assassinat par les enquêteurs de la police judiciaire de Montpellier qui le soupçonnent d'avoir tué et décapité Evelyne K., 77 ans, chez elle. L’homme, « qui connaissait la victime », pourrait avoir prémédité son geste, a fait savoir dans un communiqué le procureur de la République de Béziers, Raphaël Balland.

Plusieurs éléments ont permis aux policiers d’identifier et retrouver le suspect dans un laps de temps si rapide. Il y a d’abord les images des caméras de surveillance installées à l’extérieur et à l’intérieur du pavillon où la victime, veuve depuis deux ans, vivait seule, loin de ses deux enfants qui habitent en région parisienne. Elles montrent un homme portant un masque chirurgical, des gants en latex et un grand couteau. Les enquêteurs ont noté qu’il ressemblait à Jean-Michel M. dont la voiture était justement garée dans le secteur le soir des faits. D’autre part, des chaussures identiques à celles que portait l’homme sur les vidéos ont été retrouvées en perquisition au domicile du suspect.

Carte bleue volée

Et il y a les images des caméras installées au-dessus de trois distributeurs automatiques de billets, où de l’argent a été retiré avec la carte bleue de septuagénaire mercredi soir. Enfin, des analyses sont en cours pour comparer son ADN avec des éléments retrouvés sur la scène de crime.

Le suspect a été arrêté à Vias, une commune près d’Agde. Cet homme originaire du Nord de la France, qui souffre de troubles psychologiques, est séparé depuis 18 mois de la mère de ses deux enfants qu’il a épousée en 1998. A l’époque, il venait juste de mettre un terme à sa carrière de boxeur professionnel, commencée en 1991. Combattant dans la catégorie des poids welter, il a gagné 17 rencontres, en a perdu 19 et fait deux nuls. Il a suivi ensuite une formation de pâtissier, a été agent de sécurité, maçon, électricien, éducateur sportif, et a monté un club de boxe en 2008 à Hautmont près de Maubeuge.

Echec aux élections municipales

En 2014, il se présente dans cette même ville aux élections municipales sur une liste FN, « Hautmont Bleu marine ». C’est un échec. Il part habiter dans le Sud, à Perpignan, avec sa femme et ses enfants, puis à Agde. Reconnu travailleur handicapé, il vit depuis de petits boulots non déclarés. Sa femme, elle, a travaillé comme femme de ménage pour la victime qui l’a renvoyé au cours de l’année 2020. Selon le parquet, Evelyne K. soupçonnait le mari de son employée de lui avoir volé de l’argent alors qu’il effectuait également chez elle « des petits travaux ».

En garde à vue, il a expliqué aux policiers suivre un traitement médicamenteux en raison de troubles neurologiques consécutifs à un traumatisme crânien qui l’aurait plongé dans un coma d’une semaine en 2017. N’ayant plus de mémoire à court terme, le quinquagénaire affirme être suivi par un psychiatre et un psychologue à Agde. Condamné à deux reprises par le passé, il s’était déjà fait remarquer par les policiers du commissariat de Béziers en 2019 après avoir giflé un enfant de 11 ans qui avait envoyé son ballon de foot dans des plantes vertes. Il avait alors expliqué souffrir « de troubles neurologiques qui pouvaient influencer négativement son comportement », indique le parquet de Béziers qui a prolongé, vendredi soir, sa garde à vue pour un délai maximum de 24 heures.