Aisne : Un village évacué à cause d’obus de la Première Guerre mondiale

VESTIGES Les 550 habitants de Levergies, dans l’Aisne, doivent quitter leur domicile dans la journée pendant une opération de déminage

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'obus de la Première Guerre mondiale.
Illustration d'obus de la Première Guerre mondiale. — Mary Evans / SIPA

Il s’agit d’évacuer un dépôt d’environ 1.500 obus de la Première Guerre mondiale. Les 550 habitants de Levergies, dans l’Aisne, seront évacués de leur domicile en journée, durant toute la durée de cette opération prévue de mardi à vendredi.

Cette évacuation « ainsi que l’arrêt de toute activité commerciale et de circulation » doit permettre « la neutralisation et le déplacement des obus par les services de déminage vers le site de destruction », annonce la préfecture, dans un communiqué.

Une quinzaine de démineurs

Un périmètre de sécurité de 800 mètres autour du dépôt d’obus, de quelque 28 tonnes, sera entièrement évacué, « les habitants de la commune devront donc quitter leur domicile avant 8h30 » et pourront regagner leurs logements « après 16h30 », a-t-elle précisé.

L’opération doit mobiliser « plus de 100 personnels de l’Etat et des collectivités locales », selon la préfecture, parmi lesquels une quinzaine de démineurs, selon le maire de la commune, Bernard Nuttens. Selon Gilles Soreau, commandant du centre de déminage de Laon, 17 démineurs seront mis à contribution « en binôme de deux heures en rotation toute la journée car il faut beaucoup de concentration », a-t-il expliqué.

« Il y a une dizaine d’années, déjà 16 tonnes d’obus » avaient été évacués de la commune, « mais ils étaient un peu disséminés, là ils sont empilés comme des cigarettes, si un explose, tout explose », a-t-il expliqué à l’AFP.

Implantation d’éoliennes

Ces « obus allemands, enterrés jusqu’à cinq mètres de profondeur », ont été « découverts dans un champ situé à 300 mètres à vol d’oiseau du centre du village à l’occasion de fouilles pyrotechniques pour creuser un chemin d’accès à de futures éoliennes », a affirmé l’édile. Ils doivent être acheminés pour « destruction au camp militaire de Sissonne », à 80 km.

Une douzaine d’habitants sans solution d’hébergement seront accueillis dans la journée dans un Ehpad proche, tandis que les 98 élèves de l’école primaire du village seront hébergés dans un collège de la localité proche de Fresnoy-le-Grand, a précisé la préfecture.

Selon Eric Lombard, chef du groupement national d’intervention du déminage, 420 tonnes d’explosifs ont été détruits dans toute la France en 2020, stigmates de la guerre franco-allemande de 1870 et des deux guerres mondiales.