Affaire Mia : Quatre proches du complotiste Rémy Daillet interpellés par la DGSI

ENQUETE Quatre hommes soupçonnés d'avoir envisagé des attaques contre un ministère, des centres de vaccination et des antennes relais ont été interpellés ce mardi par la DGSI

Thibaut Chevillard
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Un logo de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
Un logo de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). — GERARD JULIEN / AFP
  • Mardi matin, les enquêteurs de la DGSI ont interpellé quatre hommes soupçonnés d’avoir envisagé des attaques contre un ministère, des centres de vaccination et des antennes relais.
  • Les suspects, âgés de 43 à 69 ans, sont des proches du complotiste Rémy Daillet, mis en examen en juin dernier pour son implication dans l’enlèvement de la petite Mia dans les Vosges.
  • Ces interpellations interviennent dans le cadre de la procédure ouverte contre le groupuscule néonazi « Honneur et nation », étendue à des proches du complotiste Rémy Daillet.

Quatre hommes, âgés de 43 à 69 ans, ont été interpellés ce mardi matin par les enquêteurs de la DGSI, qui les suspectent d’avoir préparé des attaques contre le ministère de l’Economie et des Finances, des centres de vaccination ou des antennes 5G, apprend 20 Minutes de sources concordantes, confirmant des informations de BFMTV. Trois suspects ont été interpellés dans les Hautes-Pyrénées, la Meuse, et les Hauts-de-Seine. Le dernier était déjà incarcéré. Ils ont été placés en garde à vue afin de déterminer le degré d’avancement de leurs projets. « Tous les suspects sont liés à Rémy Daillet », figure du complotisme, nous indique une source sécuritaire.

Cet homme de 54 ans, suspecté d’avoir organisé l’enlèvement de la petite Mia, 8 ans, mi-avril dans les Vosges, a été arrêté en Malaisie, où il résidait avec sa famille depuis plusieurs années. Loin de Paris, il s’était fait connaître en diffusant sur Internet des vidéos pour appeler au coup d’Etat et présenter les mesures qu’il prendrait s’il parvenait à renverser le gouvernement. Extradé en France, il a été mis en examen en juin dernier pour « complicité d’enlèvement d’un mineur de 15 ans commis en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre le crime d’enlèvement de mineur de 15 ans en bande organisée » et placé en détention provisoire.

Groupuscule néonazi

En tout, onze personnes ont été mises en examen dans cette affaire d’enlèvement. Parmi elles, deux des hommes interpellés ce mardi matin. L’un d’eux, Christophe M., 63 ans, est un lieutenant-colonel de l’armée de terre à la retraite originaire des Hautes-Pyrénées. Il a été mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des enlèvements d’enfant » et pour « non-dénonciation de crime » et placé sous contrôle judiciaire. En garde à vue, il avait reconnu avoir rejoint le réseau de Rémy Daillet dont l’objectif était d’enlever des enfants qui avaient été retirés à l’un de leur parent pour leur restituer.

Ces quatre interpellations interviennent dans le cadre d’une autre procédure, celle ouverte contre le groupuscule néonazi «Honneur et nation », et dans laquelle huit personnes ont été mises en examen en mai et septembre dernier. Ces dernières sont notamment soupçonnées d’avoir préparé des actions violentes, notamment contre une loge maçonnique ou des centres de vaccination. Depuis, les investigations ont été étendues à des proches du complotiste Rémy Daillet.

Les enquêteurs disposent désormais 96 heures, le temps de la garde à vue, pour tenter de cerner les contours des projets envisagés par les quatre suspects. Selon BFMTV, ils auraient voulu détruire des sites de production et de stockage des vaccins à l’aide de drones.