Usurpation d’identité : Six hommes interpellés dans la Sarthe, suspectés d’une vaste escroquerie

ENQUETE Les six suspects seront jugés le 5 novembre prochain devant le tribunal judiciaire du Mans. Le préjudice avoisine les 800.000 euros

Thibaut Chevillard
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Police judiciaire. (Illustration)
Police judiciaire. (Illustration) — Elisa Frisullo / 20 Minutes

Six hommes, âgés de 24 à 40 ans, ont été interpellés mardi par les enquêteurs de la police judiciaire d’Angers et du groupement de gendarmerie de la Sarthe, qui les soupçonnent d’être au cœur d’une vaste affaire d’escroqueries en bande organisée. « Ils procédaient à l’ouverture frauduleuse de comptes bancaires à l’étranger alimentés par des crédits en ligne soucrits à l’aide d’identités usurpées », indique le parquet du Mans dans un communiqué ce vendredi.

L’affaire a commencé en 2019 lorsque l’attention de Tracfin – le service de renseignement français chargé de la lutte contre la fraude fiscale – se porte sur une trentaine de comptes bancaires « qui fonctionnaient anormalement », explique à 20 Minutes le commissaire Franck Hemery, directeur de la PJ d’Angers. Ces comptes ont été ouverts frauduleusement par plusieurs personnes à l’aide de documents à l’authenticité douteuse pour souscrire des crédits en ligne.

793.000 euros de préjudice

Les auteurs ont usurpé « une soixantaine d’identités, extraites de fichiers clients d’entreprises spécialisées dans l’amélioration de l’habitat, notamment grâce à la complicité d’un agent commercial qui recueillait les photocopies des documents d’identité de ses clients », ajoute le parquet du Mans. Les enquêteurs parviennent finalement, au fils de leurs investigations, à identifier six hommes, déjà très connus de leurs services, ainsi que trois sociétés ayant généré un préjudice de plus de 793.000 euros pour les établissements bancaires.

Les enquêteurs ont saisi 17.000 euros sur les comptes bancaires des suspects. Présentés au parquet à l’issue de 48 heures de gardes à vue, cinq d’entre eux sont ressortis libres et ont été placés sous contrôle judiciaire. Le sixième, présenté par le parquet comme « l’instigateur principal », a été placé en détention provisoire. Ils seront jugés le 5 novembre prochain. Ils encourent une peine de dix années d’emprisonnement.