Doubs : Une femme retrouvée morte, « très probablement » un féminicide

ENQUETE Le compagnon de la victime a été tué par un tir des gendarmes qui tentaient le maîtriser

20 Minutes avec AFP
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Une voiture de gendarmerie. (illustration)
Une voiture de gendarmerie. (illustration) — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

La femme retrouvée morte dans le coffre de sa voiture vendredi soir dans le Doubs a « très probablement » été tuée par son compagnon, a indiqué ce dimanche le procureur de la République de Besançon. La victime, âgée de 54 ans et mère de deux filles majeures, présentait des « coups multiples » au niveau de la tête qui était « violacée », a précisé Etienne Manteaux.

Son compagnon, 39 ans, blessé au thorax par le tir d’un gendarme, a confié à un pompier avant de s’écrouler qu’il avait « tabassé » sa conjointe car elle l’avait « trompé », a poursuivi le procureur. « Nous sommes très probablement en face d’un féminicide », a-t-il ajouté. L’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a par ailleurs été saisie. La garde à vue du gendarme auteur du tir a été levée, selon Etienne Manteaux, qui évoque de premiers « éléments concordants » permettant d’envisager un tir « de légitime défense », le forcené ayant déployé une grand violence face aux forces de l’ordre.

La panique dans la fête du village

Les faits remontent à vendredi soir, dans le village Guillon-les-Bains, près de Besançon. Le corps de la quinquagénaire avait été retrouvé par des gendarmes dans le coffre de sa voiture, visiblement endommagée et stationnée au bord d’une route sur les hauteurs du village. Les militaires avaient été appelés pour maîtriser son conjoint qui, extrêmement excité, semait notamment la panique dans une fête du village, en contrebas. Alertés par une personne frappée au visage avec une pierre, les pompiers ont aussi fait les frais de sa « rage » : il a frappé l’un d’eux et poursuivi en courant les soldats du feu qui rebroussaient chemin dans leur camion, selon Etienne Manteaux.

Lors de la fête, les villageois munis « de pelles » et de « balais » ont réussi à le mettre en fuite, a précise le procureur. Sur les hauteurs du village, il a voulu s’emparer d’un camion de pompiers, avant de partir dans la forêt et d’en revenir armé de pierres. C’est là, après les sommations d’usage, qu’un gendarme lui a tiré dessus « à une reprise », sans savoir s’il l’avait touché en raison de l’obscurité, selon Etienne Manteaux. Le forcené a encore tenté de prendre un véhicule de gendarmerie, avant qu’une élève-gendarme n’utilise son taser pour l’arrêter. Enfin maîtrisé, il a confié à un pompier le meurtre de sa conjointe. Hospitalisé, il est décédé quelques heures plus tard à l’hôpital. Les autopsies auront lieu en début de semaine.