Disparition de Lucas Tronche : Vers la fin de « six années de recherches mais aussi d’espoir » ?

ENQUETE Des examens vont être menés pour tenter de savoir si les restes humains retrouvés jeudi sont bien ceux de l’adolescent disparu en 2015, alors qu’il devait se rendre à la piscine

Nicolas Bonzom

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Lucas Tronche
Lucas Tronche — Police
  • Jeudi matin, des ossements et des affaires similaires à celles de Lucas Tronche ont été retrouvés sur une falaise, à Bagnols-sur-Cèze, à 1 km environ du domicile familial.
  • Des examens complémentaires pour être menées pour savoir si ces restes humains sont bien ceux de l'adolescent disparu alors qu'il avait 15 ans, le 18 mars 2015.
  • Les indices ont été découverts sur un site particulièrement escarpé. 

Les investigations se poursuivent, à Bagnols-sur-Cèze (Gard), au lendemain de la découverte d’ossements, et d’affaires qui pourraient appartenir à Lucas Tronche, un adolescent de 15 ans, disparu sans laisser de trace le 18 mars 2015. Des examens médico-légaux, ainsi que des analyses génétiques, « si possible », a indiqué jeudi Eric Maurel, le procureur de la République de Nîmes, vont être menés, pour tenter de savoir si les restes humains retrouvés sont bien ceux du jeune Bagnolais, disparu il y a plus de six ans, alors qu’il devait se rendre à un cours de natation.

Mais pour les enquêteurs, cela ne semble plus faire guère de doute. Le lieu de la découverte était « habituellement fréquenté par Lucas Tronche », a souligné le procureur. L’adolescent, passionné de géologie, venait y chercher des pierres, qu’il collectionnait. « De fait, le sac à dos qui a été découvert, certes abîmé, par les intempéries, ressemble fortement à celui qu’utilisait Lucas Tronche. Et les débris de vêtements ressemblent aussi fortement à ceux qu’avait » l’adolescent. « Il y a un certain nombre d’éléments de vraisemblance permettant de penser que l’on a peut-être retrouvé la trace de ce malheureux enfant », et que les restes humains seraient les siens.

Une zone « particulièrement escarpée »

Le lieu de la découverte se situe à 1 km, environ, de la maison où vivaient l’adolescent et sa famille. Mais, malgré d’intenses recherches et investigations, rien n'avait été trouvé, depuis la disparition de Lucas Tronche, le 18 mars 2015. La zone avait pourtant été ratissée, mais, jusque-là, aucun indice n’avait été découvert. « Je tiens à préciser que la zone dans laquelle ont été découverts ces éléments est particulièrement escarpée, a assuré le procureur. C’est une falaise, à pic, d’environ 50 à 60 mètres de haut. Ce qui explique que ces éléments n’aient pas pu être découverts jusque-là. Nous avons pu [avec la juge d’instruction] constater la difficulté d’accès à ces lieux. »

Les sapeurs-pompiers du Gard ont dû « déboiser la zone » pour y accéder « par la base de la falaise et créer un cheminement », a indiqué Eric Maurel. En revanche, « sur les hauteurs, il y a des sentiers de chasseurs, qui permettent d’accéder sur la falaise », mais les indices découverts étaient « à mi-falaise, donc inaccessibles » sans le renfort des sapeurs-pompiers, qui ont effectué des descentes en rappel, a noté le procureur.

Des bénévoles affichent des avis de recherche pour retrouver Lucas, disparu en 2015.
Des bénévoles affichent des avis de recherche pour retrouver Lucas, disparu en 2015. - N. Bonzom / Maxele Presse

Aucune hypothèse n’est exclue

Des opérations ordonnées par la juge d’instruction étaient menées, sur ces lieux, depuis une semaine. Mais si la chaîne M6 avait remis l’enquête en lumière, le 7 juin dernier, avec Appels à témoins, le procureur de Nîmes indique que la découverte de ces indices, jeudi, n’a pas de lien avec les appels reçus durant l’émission.

Désormais, après des années sans réelle piste, les investigations vont prendre une autre tournure dans le Gard : s’il s’agit bien d’ossements de Lucas Tronche, que s’est-il passé ? Selon le procureur, cette découverte à Bagnols-sur-Cèze ne permet n’exclure aucune hypothèse : « Cela peut aussi bien être une chute accidentelle, qu’un geste volontaire de se jeter dans le vide ou une altercation », a indiqué Eric Maurel.

Aujourd’hui, « vient le temps du silence », écrivent ses parents

Jeudi, les parents de Lucas Tronche ont publié, par l’intermédiaire des réseaux sociaux de l'association SOS Lucas Tronche, un message dans lequel ils remercient ceux qui ont contribué aux recherches, pendant six ans. « La découverte d’un corps pouvant être celui de Lucas nous semble mettre un terme à ces six années de recherches mais aussi d’espoir. Six années pendant lesquelles vous avez été avec nous, soutien indéfectible. Nous vous en remercions du plus profond de notre cœur », écrivent-ils.

Aujourd’hui, poursuivent les parents de Lucas Tronche, « vient le temps du silence. Ce silence, autrefois assourdissant, est nécessaire pour nous permettre de nous recueillir, de tenter de nous apaiser et de continuer désormais sans lui. Ce silence laisse la place à l’enquête qui se poursuit. Nous n’oublierons jamais notre Lucas tant aimé. »