Haute-Vienne : Les deux suspects d’un double meurtre, dont un féminicide, écroués

ENQUETE Les deux hommes sont poursuivis pour « meurtre sur conjoint, meurtre accompagné d’un autre crime et tentatives de meurtres sur mineur de 15 ans »

20 Minutes avec AFP

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Illustration gendarmes.
Illustration gendarmes. — E. Frisullo / 20 Minutes

Deux hommes soupçonnés du meurtre de l’ex-compagne de l’un d’eux et de l’homicide d’un autre homme à Nexon ( Haute-Vienne) ont été mis en examen et placés en détention provisoire ce vendredi, a annoncé dans un communiqué le procureur de Limoges.

Ils sont poursuivis pour « meurtre sur conjoint, meurtre accompagné d’un autre crime et tentatives de meurtres sur mineur de 15 ans » commis en état de récidive légale, « les deux mis en cause ayant déjà été condamnés pour des délits graves », a détaillé le procureur Baptiste Porcher.

Selon le parquet, les premiers éléments de l’enquête montrent que les deux mis en cause, Abdelkader B. et David M., interpellés mercredi, avaient pénétré dans la nuit de mardi à mercredi au domicile de Cécilia P., 33 ans, puis tué cette femme et un voisin de celle-ci avant de mettre le feu au logement sachant que trois enfants de la trentenaire, âgés de 4, 7 et 13 ans, s’y trouvaient. « La qualité de la réaction et le sang-froid de l’aînée ont permis aux enfants de survivre » jusqu’à l’arrivée des pompiers, qui ont pu les secourir alors qu’ils étaient bloqués par les flammes au premier étage, a ajouté le magistrat dans son communiqué.

Le couple était séparé « depuis quelques jours »

Sur place, les services de secours ont découvert dans les décombres les corps des deux victimes, « manifestement décédés avant l’incendie ». D’après leur autopsie, ils ont été tués à l’arme blanche, indiquait jeudi le parquet. « Craignant une réaction de son ancien compagnon, la femme avait sollicité la présence de son voisin pour la protéger », a relaté Baptiste Porcher, précisant que le couple était séparé « depuis quelques jours ».

Selon le procureur, l’ex-compagnon, Abdelkader B., « était suivi dans le cadre d’un sursis probatoire, suite à une condamnation prononcée pour des violences conjugales commises » en 2019 « sur une autre victime » et « respectait les obligations et interdictions » ordonnées à son encontre. L’autre suspect est connu pour des faits de dégradations, atteintes aux biens, vols et effractions en lien avec les stupéfiants. « Aucune plainte ni aucun signalement concernant le couple n’avaient antérieurement été portés à la connaissance des autorités », a précisé le magistrat.

Les deux meurtriers présumés encourent la réclusion criminelle à perpétuité. En 2020, 90 féminicides ont été officiellement recensés en France, contre 146 l’année précédente.