Metz : La tentative de féminicide de jeudi marquée par un « déchaînement de violence », indique le procureur

ENQUETE Jeudi, un homme a tué sa femme en pleine rue avant de se tirer une balle dans la tête

20 Minutes avec AFP

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Christian Mercuri, le procureur de la République de Metz.
Christian Mercuri, le procureur de la République de Metz. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

L’homme, désormais en état de mort cérébrale, qui a tenté de tuer sa compagne en pleine rue jeudi à Metz avant de se tirer une balle dans la tête, s’est livré à un « déchaînement de violence », a souligné vendredi le procureur de la République de Metz, Christian Mercuri. « Les premières auditions des témoins montrent une détermination farouche de l’auteur, un déchaînement de violence qui caractérise sa volonté homicide », a déclaré le procureur lors d’une conférence de presse.

Christian Mercuri a évoqué « une course-poursuite entrecoupée de plusieurs scènes de violence jusqu’à la scène finale », l’auteur des faits poussant sa femme au sol et la frappant à coups de poing et de pied. Puis, « les deux derniers coups de feu ont été portés par l’auteur, quasiment à bout portant », la victime, hospitalisée à Nancy, étant gravement blessée, a ajouté le procureur.

Une mention dans le casier judiciaire

Toujours selon lui, une première demande de divorce en 2015 avait fait l’objet d’un désistement. Le couple était de nouveau aujourd’hui « en instance de divorce » et séparé depuis plusieurs mois, la victime ayant la garde des trois enfants du couple. « Dans l’attente, pour assurer l’éducation et l’hébergement de ces trois enfants, une solution familiale a été trouvée avec la sœur de la victime », a précisé Christian Mercuri.

Le casier judiciaire de l’auteur ne comportait qu'« une seule mention » en date du 21 novembre 2014, « une condamnation pour des violences par conjoint à une peine de deux mois d’emprisonnement avec sursis », ce qui n’impliquait « pas de suivi judiciaire dans le temps ». Il a également évoqué « une plainte pour injures du mois d’août 2020 déposée par la victime et classée sans suite par le parquet ». Plus récemment, les 19 et 28 mai, la victime s’était de nouveau présentée à la police « pour signaler qu’elle avait été victime d’injures et d’un crachat » et que son conjoint l’avait suivie en voiture, a-t-il ajouté.

Les policiers, selon lui, ont alors « fait les rapprochements nécessaires » avec les antécédents de l’auteur et procédé aux « diligences nécessaires », saisissant l’unité médico-judiciaire pour « apprécier le retentissement des faits dénoncés par la victime ». « Tout cela a été fait de manière très professionnelle », a insisté le procureur. Par ailleurs, une vidéo de l’agression de jeudi, filmée par des témoins, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, ce qu’a dénoncé le procureur.