Double homicide dans les Cévennes : Les autorités appellent le fugitif armé et caché dans la forêt à se rendre

ENQUETE Adepte de la chasse et du tir sportif, l’homme de 29 ans a au moins deux armes avec lui

N.B.

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300 gendarmes, appuyés du GIGN, d'équipes cynophiles et notamment de chiens de race Saint-Hubert recherchent depuis 36 heures l'auteur d'un double homicide dans les Cévennes.
300 gendarmes, appuyés du GIGN, d'équipes cynophiles et notamment de chiens de race Saint-Hubert recherchent depuis 36 heures l'auteur d'un double homicide dans les Cévennes. — CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
  • L’homme, soupçonné d’un double homicide dans une scierie des Cévennes, n’avait toujours été retrouvé, malgré des recherches intensives menées dans la forêt.
  • Il est accusé d’avoir tué son patron et un collègue, dans une scierie du Gard.
  • Le procureur lui a demandé « de revenir à la raison, de déposer les armes ».

Ce mercredi, malgré des recherches particulièrement intensives, les gendarmes n’avaient pas retrouvé la trace de l’homme, soupçonné d’être l’auteur d’un double homicide, dans les Cévennes. Il est accusé d'avoir tué son patron et un collègue, dans une scierie, près du village des Plantiers, dans le Gard.20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait de l’enquête, plus de vingt-quatre heures après les faits.

Que s’est-il passé ?

Mardi, aux alentours de 8 heures, en arrivant à la scierie, « l’employé n’a pas salué son patron qui le lui a fait remarquer, mais gentiment. A ce moment-là, le mis en cause a sorti une arme de poing et a immédiatement ouvert le feu, le tuant de plusieurs balles dans la tête (…) Un des employés a tenté de s’interposer, sidéré par la situation », et il lui a aussi tiré dans la tête le tuant sur le coup, a rapporté, mardi, le procureur d’Alès, François Schneider, alors en charge de l’enquête. Le témoin, qui a pu prendre la fuite, a donné l’alerte peu après les faits. Le mis en cause est ensuite rentré chez lui, et a récupéré « des effets personnels, s’est équipé » pour résister au froid et aux intempéries, avant de filer dans les bois, a expliqué, ce mercredi après-midi, Eric Maurel, le procureur de Nîmes, qui a récupéré cette affaire. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme aurait avec lui au moins deux armes à feu. Lors des perquisitions à son domicile, une douzaine d’armes ont été retrouvées et 3.300 munitions, de tous calibres.

Où en sont les recherches ?

Environ 300 gendarmes, dont des membres du GIGN, épaulés par des moyens aériens, sont sur la trace du suspect, dans une forêt de 15 km2 environ. Ce mercredi après-midi, il était toujours introuvable. Ils sont épaulés par « un binôme de cartographes » [basés à Montpellier], qui aide les militaires « à réaliser le quadrillage d’un terrain vaste, que continuent à survoler hélicoptères et drones. Ils sont également épaulés, par un chien Saint-Hubert, dont les capacités olfactives sont supérieures à celles des autres races.

« Il reste néanmoins difficile de débusquer quelqu’un dans un secteur qu’il connaît par cœur, avec de multiples possibilités de caches », a précisé un porte-parole de la gendarmerie, ce mercredi matin. Il « y habite », a rajouté, ce mercredi après-midi, Laurent Haas, le commandant de gendarmerie chargé des investigations. « Le compartiment de terrain sur lequel nous agissons est très vaste », des montagnes, des « couverts forestiers denses » avec de nombreuses cavités, a ajouté le colonel de gendarmerie du Gard. Le dispositif actuel devrait être maintenu dans la nuit. Pour l’heure, aucun indice ne permet d’affirmer qu’il aurait quitté cette forêt.

Qui est le suspect ?

L'homme, âgé de 29 ans, est chasseur et licencié dans un club de tir sportif. Il a obtenu des autorisations pour détenir des armes. Il aurait une « personnalité très particulière, très procédurière », a précisé mardi le procureur d’Alès, évoquant « un comportement assez inquiétant, de type paranoïaque » depuis quelque temps. Il avait connu des conflits avec l’ancien maire du village et « était également en conflit avec son employeur pour des problèmes d’horaires de travail », a ajouté François Schneider.

Mais il n’avait, a précisé ce mercredi après-midi son homologue nîmois, « pas de casier judiciaire ». Il devait, en revanche, être jugé devant le tribunal correctionnel, prochainement. Mais ce ne sont « ni des faits de violences, ni des faits de menaces, poursuit Eric Maurel. « Jusqu’ici, rien ne laissait présumer un tel déchaînement de violences. Un temps, l’homme avait voulu rentrer dans l’armée, mais « un problème de vision » l’en a empêché. L’homme, selon la gendarmerie, serait « lourdement armé et déterminé ». Eric Maurel, lui a lancé un appel, « dans la mesure où il serait encore dans la capacité de nous entendre » : « Le seul appel que je peux lui adresser, c’est de revenir à la raison, de déposer les armes. Il le doit à sa famille, aux familles des victimes. »