Alsace : Six membres d'un groupuscule néonazi interpellés pour un projet d'attentat visant une loge maçonnique

ATTENTAT DEJOUE Six membres d’un groupuscule néonazi suspectés d’avoir un projet «d’une action violente» ont été interpellés mardi en Alsace et dans le Doubs

G.V. avec AFP

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Illustration d'un véhicule banalisé de la police, ici à Rennes.
Illustration d'un véhicule banalisé de la police, ici à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

Six personnes, des membres d’un groupuscule néonazi, ont été interpellées mardi dans le Doubs et en Alsace, plus précisément dans le Bas-Rhin, a indiqué ce vendredi une source judiciaire, confirmant une information de BFMTV.

Ils sont soupçonnés d’un projet « d’une action violente ». Trois d’entre eux, deux hommes, ont été présentés ce vendredi à un juge d’instruction parisien. A l’issue de leur garde à vue, le Parquet national antiterroriste (Pnat), qui avait ouvert une enquête préliminaire en février 2021 sur les activités de ce groupuscule d’ultradroite baptisé « Honneur et nation », a décidé de confier les investigations à des juges d’instruction antiterroriste. Trois de ces suspects, âgés de 29 à 56 ans, doivent être présentés dans la journée aux magistrats en vue de leur éventuelle mise en examen pour « association de malfaiteurs terroriste » criminelle. Les trois autres, deux hommes et une femme également, ont de leur côté été libérés sans poursuite à ce stade.

Selon une source proche du dossier, les personnes mises en cause sont soupçonnées d’avoir voulu préparer une action violente, potentiellement contre une loge maçonnique. Le projet ne semblait toutefois pas imminent.

Explosifs et repérages

Elles ont été interpellées à la suite d’échanges entre elles, et notamment parce qu’elles faisaient des recherches sur d’éventuels explosifs et avaient effectué des repérages. Des écrits néonazis ont été retrouvés lors de perquisitions. Selon une source proche, certaines de ces personnes étaient en contact avec Rémy Daillet, figure du mouvement complotiste français résidant en Malaisie.

Plusieurs enquêtes antiterroristes liées à la mouvance de l’ultradroite sont en cours en France. Début avril, le parquet antiterroriste a demandé un procès en correctionnelle pour neuf membres du groupe d’ultradroite surnommé OAS, dont son chef autoproclamé, Logan Nisin. Démantelé en 2017, le groupuscule était soupçonné initialement d’avoir voulu s’en prendre à Christophe Castaner, Jean-Luc Mélenchon ou des musulmans. La décision sur un renvoi éventuel en procès revient désormais aux juges d’instruction chargés de ces investigations. Par ailleurs, au moins quatre autres enquêtes liées à des projets d’action violente de l’ultradroite sont en cours depuis 2017.

Un an après l’arrestation de Logan Nisin, un autre groupuscule soupçonné de vouloir frapper des cibles musulmanes avait été démantelé. A l’automne 2020, quinze membres ou proches de ce groupe appelé Action des forces opérationnelles (AFO), teinté de survivalisme d’extrême droite, étaient mises en examen dans l’enquête, qui se poursuit.

Un autre groupuscule, issu d’un groupe Facebook surnommé « Les Barjols » et accusé d’avoir voulu attenter à la vie du président Macron, a été arrêté en 2018.

Deux autres enquêtes antiterroristes liées à l’ultradroite portent, l’une sur un groupe proche de l’idéologie néonazie soupçonné de viser des lieux de cultes juifs et musulmans, l’autre sur un suprémaciste admirateur de l’auteur de l’attentat en 2019 contre des mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

En janvier, le coordonnateur national du renseignement Laurent Nuñez s’était inquiété d’une « montée en puissance des suprémacistes et du survivalisme ». On estime que l’ultra droite représente 1.000 à 1.500 personnes, ce que Laurent Nuñez n’a pas démenti.