Aveyron : Trahi par les caméras, un voleur de ruches obligé de ramener son butin

VU ET PRIS Les propriétaires l’ont sommé via les réseaux sociaux de rapporter son butin. Il s’est exécuté, mais l’histoire ne s’arrête pas là

Hélène Ménal

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Des ruches. Illustration.
Des ruches. Illustration. — Michel Gile - Sipa
  • Un homme a été filmé le vendredi 30 avril dans l’Aveyron en train d’embarquer une trentaine de ruches dans sa camionnette.
  • Sur les réseaux sociaux, les propriétaires l’ont sommé de les ramener.
  • Il l’a fait ce lundi, mais le butin n’était pas vraiment intact.

« Monsieur le voleur de ruches. Si vous ne prenez pas contact avec nous, nous publions toutes les photos et déposons une plainte à la gendarmerie de Villefranche-de-Rouergue. » Voilà le message, largement partagé sur les réseaux sociaux, qu’ont publié vendredi soir Isabelle et Alexandre Martinez, un couple d’apiculteurs aveyronnais après le pillage, vendredi à 20h, d’un de leurs  ruchers. L’heure est précise parce que – ce dont le voleur était loin de douter – les propriétaires avaient installé des caméras sur le site.

De sorte que les apiculteurs disposaient non seulement de son signalement, mais aussi de l’immatriculation de sa camionnette blanche. Bien que remonté, le couple a choisi la méthode douce, comme le montre une vidéo postée dès vendredi soir sur YubeTube et où l’on voit bien qu’Alexandre se maîtrise. Il assure au voleur qu’il ne diffusera pas d’images permettant de l’identifier… à condition qu’il ramène les ruches. Fissa. Et, contre toute attente, l’appel a fonctionné.

La Ferrari qui devient charrette

L’acte II s’est joué ce lundi en fin de matinée au groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) de La Reine des abeilles, géré par le couple. Le voleur, « un apiculteur amateur venu d’un département voisin », s’est effectivement présenté, assez penaud. Mais tout ne s’est pas exactement passé comme l’espéraient les apiculteurs. « Les ruches étaient vides, il avait gardé pour lui les essaims et les meilleures reines, raconte Alexandre Martinez. C’est un peu comme si on vous piquait une Ferrari et qu’on vous ramenait une charrette tirée par âne. » Du coup, la plainte a effectivement été déposée. Et c’est en compagnie des gendarmes que le voleur d’abeilles a quitté l’exploitation.

Ce printemps, le phénomène de vol de ruches, qui peuvent se vendre jusqu’à 2.000 € auprès de connaisseurs, a pris de l’ampleur en Occitanie. En mars dernier, après une razzia – 157 ruches envolées en quelques jours – dans les environs de Toulouse, le syndicat régional des apiculteurs a donné l’alarme, appelant les propriétaires à la plus grande vigilance.