Toulouse : Bâillonnée et ligotée dans une camionnette, ses ravisseurs lui faisaient vivre un vrai calvaire

RACKET Une femme d’origine bosniaque a été enlevée par des ravisseurs de son pays vendredi, qui depuis des mois rackettaient et violentaient sa famille installée à Toulouse

Béatrice Colin

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Illustration d'agents de la police judiciaire.
Illustration d'agents de la police judiciaire. — C. Allain / 20 Minutes

Une famille originaire de Bosnie installée dans l'agglomération toulousaine depuis quelques mois vivait ces derniers temps un véritable calvaire, qui a connu son apogée dans la nuit de vendredi à samedi. Vers 3 heures, des bruits émanant d’une camionnette stationnée devant un hôtel du côté de la Barrière de Paris​ ont alerté des riverains.

A l’intérieur, les policiers appelés sur place ont découvert une femme ligotée et bâillonnée, parlant mal le français selon une information dévoilée par La Dépêche du Midi. Vêtue seulement d’un tee-shirt alors qu’il faisait 5 °C, victime de coups, elle a réussi à leur faire comprendre qu’elle avait été enlevée plus tôt dans la journée par des hommes qui dormaient dans l’établissement hôtelier.

Système mafieux

C’est là que les policiers ont interpellé un père et son fils, alors qu’un second fils a vraisemblablement réussi à prendre la fuite. « Ils étaient venus de Bosnie pour les punir, depuis de nombreux mois, ils rackettaient cette famille, ils n’hésitaient pas à frapper la femme, les enfants et exerçaient des pressions sur le mari », indique à 20 Minutes un enquêteur de la police judiciaire qui parle de « terrorisme intra-ethnique ».

Le fruit du racket repartait en Bosnie et la violence régulière était donc une arme utilisée pour parvenir à leurs fins. Malgré tout, la famille avait déjà dénoncé les agissements du père et de ses deux fils. Les deux hommes ont été placés en garde à vue pour déterminer les dessous de ce dossier de type mafieux aux ramifications internationales qui doit être traitée par la juridiction interrégionale spécialisée de Bordeaux.

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