Toulouse : Ils volaient pour des centaines de milliers d’euros de vélos électriques qu’ils revendaient à l’étranger

CAMBRIOLAGES Deux membres d’une famille Rom ont été interpellés à Toulouse, soupçonnés d’avoir cambriolé une douzaine de magasins spécialisés entre Bordeaux et Béziers

Béatrice Colin

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Les voleurs s'étaient spécialisés dans le cambriolage de magasins de vélos électriques.
Les voleurs s'étaient spécialisés dans le cambriolage de magasins de vélos électriques. — SYSPEO/SIPA
  • La police et la gendarmerie de la Haute-Garonne viennent d’interpeller les têtes d’un réseau de cambriolages et revente de vélos électriques.
  • Cette équipe issue de la même famille a commis une douzaine de cambriolages dans des magasins spécialisés.
  • Le préjudice s’élève à plusieurs centaines de milliers d’euros, les vélos étaient revendus à l’étranger.

Le vélo électrique est en vogue. Et cette mode n’a pas échappé aux aigrefins. C’est ce qu’ont découvert les policiers de la sûreté départementale de Toulouse et gendarmes de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante au cours des derniers mois, au point d’être mis sur la piste d’un véritable gang familial qui s’était spécialisé dans le cambriolage de boutiques de cycles. En septembre dernier, les forces de l’ordre sont appelées en pleine nuit dans un magasin spécialisé de la route d’Espagne. Des personnes ont tenté d’y pénétrer en y faisant un trou à la hache dans le mur, mais ont été mises en fuite par l’alarme.

Les jours qui suivent, d’autres méfaits du même type ont lieu dans d’autres villes du Sud-Ouest, de Montauban à Béziers en passant par Pamiers, qui la plupart aboutissent au vol de dix à trente vélos électriques, valant parfois jusqu’à 10.000 euros pièce. Les enquêteurs remontent ainsi la piste d’une douzaine de cambriolages, selon un scénario bien rodé.

Les voleurs font leur repérage la veille, avant de revenir la nuit suivante et de pénétrer dans le magasin, parfois à l’aide d’une voiture-bélier. Lors d’un des vols, ils réussissent à remonter jusqu’à un camp de la communauté Rom à Toulouse. Les membres d’une famille sont identifiés comme les têtes de réseau de ce réseau qui réussit à revendre les vélos à l’étranger.

Pris en flagrant délit à Castres

Grâce à la téléphonie, mais aussi à travers les filatures et recoupements, ils sont sur le pont le 4 avril dernier, lorsqu’en pleine nuit quatre d’entre eux tentent de cambrioler une boutique de Castres, en proximité de rocade. Deux réussissent à s’échapper, les deux autres, âgés entre 35 et 40 ans ont été déférés et mis en examen pour « vols en bande organisée ». Ils ont été placés en garde à vue, mais l’enquête se poursuit pour remonter la filière.

« Le préjudice s’élève à plusieurs centaines de milliers d’euros. Nous sommes là dans la lutte contre le crime organisé, avec des équipes à tiroir que les membres allaient chercher dans d’autres camps, renouvelés régulièrement, avec un réseau organisé vers l’étranger », insiste le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari.