Montpellier : Le suspect interpellé jeudi a reconnu être l'auteur du coup porté à Alain Françon

ENQUETE L'homme de théâtre avait été attaqué le 17 mars, dans une rue de l'Ecusson

N.B.
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Le commissariat de Montpellier (illustration)
Le commissariat de Montpellier (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Le 17 mars, le metteur en scène Alain Françon avait été agressé avec un objet tranchant dans une rue de Montpellier, près de l’hôtel où il séjournait.
  • Un homme, interpellé jeudi, a reconnu être l’auteur du coup porté à la victime.
  • Il a été présenté à un juge, en vue de sa mise en examen pour tentative de meurtre.

Le suspect, interpellé jeudi dans le cadre de l’enquête sur l’agression d’Alain Françon, le 17 mars, à Montpellier (Hérault), a reconnu, lors de son audition, être l’auteur du coup porté, indique ce vendredi après-midi Jacques-Philippe Redon, le procureur adjoint.

Une perquisition à son domicile a permis aux enquêteurs de « retrouver vêtements et accessoires, dont une sacoche correspondant en tout point aux images et témoignages obtenus et contenant des lames de cutter », poursuit le magistrat. Cet homme, âgé de 35 ans, a d’abord nié avoir été présent sur les lieux des faits, « en fournissant des explications fantaisistes », avant de reconnaître son implication.

Déjà connu de la justice

« Il indiquait qu’étant énervé, il avait vu un homme qui, selon le mis en cause, l’aurait mal regardé, raison pour laquelle il l’aurait agressé, indique le procureur. Toutefois, il niait avoir été muni d’un objet tranchant. » Le suspect a présenté ce vendredi devant un juge, en vue de sa mise en examen pour tentative de meurtre, commis en état de récidive, indique le magistrat : l’homme a déjà été condamné à un délit, puni de 10 ans d’emprisonnement et relatif à une infraction à la législation sur les stupéfiants.

Le 17 mars, Alain Françon avait été victime d’un coup d’objet tranchant à la cervicale gauche. Le metteur en scène, qui séjournait dans un hôtel pour donner des cours à des élèves comédiens, avait été pris en charge par des passants qui avaient prévenu les secours. Interrogé le lendemain des faits, la victime n’avait pas pu apporter « d’autres renseignements que le fait d’avoir été doublée par un individu vêtu d’un survêtement noir qui lui donnait l’impression de l’avoir bousculée, sans un mot, avant de se rendre compte qu’elle saignait au niveau du cou, la victime voyant l’individu continuer à vive allure ».

Il pourrait faire l’objet d’un mandat de dépôt criminel

Les enquêteurs avaient tenté de retracer le trajet de la victime, et les caméras de vidéosurveillance avaient été passées au peigne fin. Un individu, qui s’était rapproché, dans la minute précédant l’agression, du trajet de la victime, avait pu être identifié. Il pourrait, ce vendredi soir, faire l’objet d’un mandat de dépôt criminel.

Alain François donnait depuis la mi-février des cours à l’Ecole nationale supérieure d’art dramatique de Montpellier. Survenue en plein jour dans un secteur piéton fréquenté, cette attaque avait créé un vif émoi : le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), la jugeant « abominable » et la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, « terrible ».