Rennes : Après la flambée de violence, le procureur fait face aux élus

TRAFIC DE DROGUE Philippe Astruc plaide notamment pour un renforcement de la vidéoprotection dans le centre-ville

Jérôme Gicquel
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Le procureur de la République de Rennes Philippe Astruc, ici dans son bureau en mars 2020.
Le procureur de la République de Rennes Philippe Astruc, ici dans son bureau en mars 2020. — C. Allain / 20 Minutes

L’exercice est assez inédit pour un procureur. A l’invitation de la maire de Rennes, Philippe Astruc est venu ce lundi en fin de journée débattre avec les élus du conseil municipal alors que la capitale bretonne fait face depuis plusieurs mois à une flambée de violence sur fond de trafic de stupéfiants. Devant l’assemblée, le procureur de la République de Rennes a ainsi fait part de « l’augmentation très significative » des règlements de comptes avec deux en 2018, quatre en 2019 et dix en 2020.

Un degré de violence a encore été franchi il y a dix jours avec une fusillade survenue dans le quartier de Cleunay qui a coûté la vie à un jeune tchétchène de 23 ans. Cette hausse de la violence s’explique selon lui par la nouvelle génération de trafiquants « qui a un rapport beaucoup plus décomplexé que la précédente à l’usage des armes ». « C’est quelque chose qui n’est pas rassurant mais c’est une réalité et on ne peut pas se cacher derrière notre petit doigt », a-t-il ajouté, évoquant notamment la découverte d’une planque d’armes de guerre dans un appartement en novembre, « ce qui est assez inhabituel pour Rennes ».

Les saisies de drogues en forte augmentation

Face à cette situation, les policiers ne restent pas pour autant les bras croisés. Le procureur a ainsi rappelé que les saisies de drogue avaient bondi à Rennes. « De 48 kilos de cannabis en 2019, on est passés à 94 kilos en 2020, a-t-il indiqué. Les saisies de cocaïne ont bondi de 120 % et celles d’héroïne de 880 % ».

Interrogé par les élus après avoir dressé un état des lieux du trafic de stupéfiants dans la capitale bretonne, le procureur a par ailleurs plaidé pour « une densification de la vidéoprotection, notamment dans le centre-ville ». « Cela n’éradiquera pas le trafic mais c’est un outil précieux dans le travail d’enquête », a-t-il assuré.