Meurtre de Magali Blandin : L’avocate de la mère du mari conteste la complicité de meurtre

JUSTICE Les parents de Jérôme Gaillard, qui a reconnu avoir tué son épouse, sont mis en examen pour complicité de meurtre par conjoint

J.G. avec AFP
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Le procureur de la République Philippe Astruc ici lors d'une conférence de presse au sujet du meurtre de Magali Blandin près de Rennes.
Le procureur de la République Philippe Astruc ici lors d'une conférence de presse au sujet du meurtre de Magali Blandin près de Rennes. — DAMIEN MEYER / AFP
  • Magali Blandin a été assassinée par son mari Jérôme Gaillard, dont elle était séparée, à coups de batte de base-ball.
  • L’avocate de la mère de l’accusé, mise en examen avec son mai pour complicité de meurtre, conteste les accusations visant sa cliente.
  • Elle a fait appel de son placement en détention et va demander une annulation de sa mise en examen.

Les obsèques de Magali Blandin, tuée par son mari à coups de batte de baseball, auront lieu jeudi après-midi en l’église de Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), commune d’où est originaire sa famille. Dans cette affaire criminelle décrite comme « hors-norme » par les enquêteurs, Jérôme Gaillard, qui a avoué le meurtre, a été mis en examen vendredi pour meurtre par conjoint. Ses parents, âgés de 72 et 75 ans, ont également été mis en examen pour « complicité de meurtre par conjoint » et « complicité de tentative de meurtre par conjoint » après un premier projet criminel élaboré à l’automne.

Ce mercredi, l’avocate de la mère de Jérôme Gaillard a fait appel de son placement en détention et va demander une annulation de sa mise en examen. « Il n’y a pas d’indices graves et concordants justifiant une mise en examen », a indiqué Maître Gwendoline Ténier, réfutant l’existence d’un complot familial. Selon l’avocate, rien n’indique que les parents avaient connaissance de l’utilisation de la somme de 20.000 euros fournie à leur fils.

Une aide financière « classique de parents à enfant »

Selon les éléments de l’enquête, un « complot criminel » visant à éliminer Magali Blandin s’est amorcé dès novembre 2020 entre le mari et ses relations géorgiennes, à qui il a versé 20.000 euros pour exécuter son épouse. De leur côté, les Géorgiens contestent tout lien entre cette somme et la disparition de la mère de famille. « Jérôme Gaillard n’avait pas de travail, était en instance de divorce. Financièrement les choses étaient un peu compliquées, et il y avait la nécessité de régler des frais d’avocat. Il s’agit d’une aide classique de parents à enfant », a déclaré Maître Ténier à propos de ces 20.000 euros.

Concernant la connaissance, par la mère, du projet criminel de son fils, « juridiquement, l’immunité parentale fait qu’on ne pourrait pas venir lui reprocher une non-dénonciation de crime, sous réserve que l’enquête étaye le fait que les parents avaient connaissance de l’exécution de ce projet », assure l’avocate.

« Ma cliente est quelqu’un qui a trimé toute sa vie »

Elle conteste également la qualification de « complicité de meurtre ». « Le concept même de meurtre c’est l’instantanéité, le coup de sang », a souligné Maître Ténier. « Cela laisse penser que les parents étaient partie prenante dans l’acte de donner la mort, en tenant la batte de baseball par exemple. Or rien dans le dossier n’étaye qu’ils aient été complices d’un meurtre », a poursuivi l’avocate.

« Ma cliente est quelqu’un qui a trimé toute sa vie » et qui a « affronté avec son mari le suicide de leur autre fils il y a dix ans, dans un contexte de séparation », a-t-elle ajouté. L’avocat du père, Maître Olivier Chauvel, s’est refusé pour l’heure à tout commentaire.