Paris : Le faux-monnayeur cachait ses billets dans une tablette de chocolat

ESCROQUERIE Un homme de 60 ans est suspecté d’avoir acheté des produits de luxe avec des faux billets de 100 et 500 euros de très bonne qualité, fabriqués en Bulgarie. Il a été interpellé avec 10.000 euros de coupures contrefaites

Thibaut Chevillard
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Un détecteurs de faux billets (illustration).
Un détecteurs de faux billets (illustration). — Masatoshi Okauchi / REX / Sipa
  • Un homme de 60 ans a été interpellé lundi à Paris par les enquêteurs de l’Office central pour la répression du faux monnayage (OCRFM).
  • Il est suspecté d’avoir utilisé des faux billets de 100 et 500 euros, particulièrement bien imités, pour acheter des produits de luxe qu’il revendait ensuite en Bulgarie.
  • Il a été mis en examen pour détention et utilisation de fausse monnaie et placé en détention provisoire.

Dans la chambre d’hôtel parisienne, à Paris, les enquêteurs de la police judiciaire ont retrouvé une tablette de chocolat. À l’intérieur, recouvert par de l’aluminium, 100 billets de 100 euros, soit 10.000 euros. Mais il ne s’agit que de contrefaçons. Cet homme de soixante ans, originaire de Bulgarie, est soupçonné d’avoir écumé, depuis l’automne, les boutiques de luxe parisiennes pour acheter des sacs, des parfums et des vêtements, dont une partie a été retrouvée lors de la perquisition qui a suivi son arrestation, lundi. Il a depuis été mis en examen pour détention et utilisation de fausse monnaie et écroué.

L’affaire commence en décembre dernier, quand la Banque de France alerte l’Office central pour la répression du faux monnayage (OCRFM) d’une « recrudescence anormale de faux billets de 100 et 500 euros de belle qualité, de fabrication bulgare, notamment en Île-de-France », nous explique son patron, le commissaire divisionnaire Éric Bertrand. Certains commerçants, victimes de cet « escroc international », disposent d’images d’un suspect, captées par des caméras de surveillance. Les policiers reconnaissent un homme qu’ils ont déjà arrêté pour des faits similaires en 2011.

Tour de passe-passe

Au fil des années, cet homme avait rodé sa technique. Il commençait par sortir un vrai billet que le commerçant passait au détecteur. Il le récupérait ensuite, en affirmant qu’il devait avoir l’appoint pour payer. Mais comme ça n’était pas le cas, il redonnait un billet de 500 euros à sa victime, mais un faux cette fois. « Le commerçant ne le repassait pas dans la machine car il ne voyait pas le tour de passe-passe », poursuit Éric Bertrand. La plupart des objets achetés par cet homme, qui a déjà été interpellé pour des faits similaires dans plusieurs pays européens, étaient revendus ensuite en Bulgarie.

La majorité des faux billets qui circulent en France proviennent d’Italie, en particulier de la région de Naples. « Les faussaires bulgares, eux, fabriquent surtout des grosses coupures », note le commissaire divisionnaire Éric Bertrand. « Ils sont de meilleure facture que les billets italiens mais sont relativement rares. »